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LES INTOXICATIONS AIGUES PAR LE PÉTROLE CHEZ L'ENFANT AU GABON 

  Bulletin de la Société de Pathologie Exotique, 80, 1987, pages 682-688, Paris. Médecine d'Afrique Noire, 1987, 34, pages 8-9. C. HUBER, M.C. HUBER-BRAUN, M. DESRENTES et F. LAUTIER  

PÉDIATRIE (sites utiles):

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Vie quotidienne au Gabon : de la forêt primaire aux villes de Libreville et Port-Gentil (photos C.H. 1985). Terminal pétrolier du Cap Lopez à Port-Gentil. Travail du bois et de la pierre de Mbigou au Gabon. Pleuro-pneumopathie petrolique (radiographies Michel Desrentes)

NEW   autres photos de Port-Gentil:  http://eric.desrentes.free.fr/CV/afrique/gabon/cap-lopez.htm 

Résumé Les intoxications aiguës par le pétrole chez l'enfant sont fréquentes en milieu africain. Les principaux caractères cliniques et radiologiques de cette intoxication sont étudiés dans cette série portant sur 36 cas colligés en une année dans le Service de Pédiatrie de l'Hôpital Général de Port-Gentil (Gabon). Les lésions pulmonaires qui sont aggravées par les vomissements spontanés ou provoqués font la gravité de ces accidents. L'atteinte radiologique, quasi systématique, survient dès la première demi-heure, prédomine à droite, et se caractérise le plus souvent par un syndrome interstitiel. L'évolution clinique et radiologique a toujours été favorable sous antibiothérapie. La prévention de ces accidents repose sur l'éducation sanitaire. Mots-clés : INTOXICATIONS AIGUËS PAR LE PÉTROLE CHEZ L'ENFANT, GABON, SIGNES CLINIQUES ET RADIOLOGIQUES, SANTÉ PUBLIQUE.       

Summary Petroleum acute intoxications in infants in Gabon regions. Acute intoxications with petroleum qre frequent in children : we have seen 36 cases in a year in the General Hospital, Port-Gentil (Gabon), service of pediatrics. Pulmonary lesions are aggravated by vomitions ; radiological signs appear after half an hour, interest the right side and are caracterized by an interstitial syndrome. Evolution is always good with antibiotherapy. Prevention consists in health education. Keywords : ACUTE INTOXICATIONS WITH PETROLEUM IN INFANTS, GABON, CLINICAL AND RADIOLOGICAL SIGNS

Introduction

En milieu africain où l'électricité n'a pas encore supplanté le pétrole dans ses multiples usages domestiques, l'intoxication accidentelle par ce produit s'observe avec une intensité et une régularité préoccupantes (1, 3, 4), en particulier dans les milieux défavorisés. Nous avons pensé qu'il était utile de rappeler la manifestation la plus fréquente de cette intoxication, la pneumopathie pétrolique, grâce aux 36 cas que nous avons colligés à Port-Gentil en un an (juin 1985 à mai 1986). Nous n'évoquons pas ici la propension aux accidents de ces enfants.

Physiopathologie

Le pétrole est un mélange complexe d'hydrocarbures cycliques et acycliques, saturés et non saturés, en proportions variables. Par distillation fractionnée, on obtient différents produits légers à basse température (méthane-butane), lourds à haute température (goudron au-delà de 350° C). Le pétrole lampant, cause d'intoxication la plus fréquente en Afrique, est obtenu vers 250-350° C. L'intoxication par ingestion ou inhalation provoque, d'une part des accidents neurologiques dominés par une somnolence, une obnubilation, voire un coma, d'autre part et surtout, des accidents pulmonaires dont la radiologie permet de suivre l'évolution. La pathogénie de ces derniers n'est pas univoque et a fait l'objet de nombreux travaux expérimentaux. Deux mécanismes peuvent être en cause :

1) Soit une action directe du toxique.

Wolesdorf et Kundig (9) en faisant des instillations intra-gastriques de pétrole chez les lapins qui ne peuvent pas vomir, n'ont trouvé aucune trace de pathologie pulmonaire. Par contre, l'instillation intratrachéale directe, à dose minime, déclenche une pneumopathie par oedème pulmonaire péri-alvéolaire.

2) Soit une action indirecte.

La pneumopathie d'élimination alvéolaire du pétrole a été démontrée expérimentalement. Après introduction de pétrole dans le duodénum puis obstruction de l'œsophage, il est apparu des lésions pulmonaires. Heinisch indique qu'elles sont l'apanage des produits riches en dérivés benzéniques (6). Ainsi, il semble que les lésions pulmonaires soient indépendantes de la voie d'administration, mais que les vomissements en augmentent la gravité.

Étude clinique

Les principaux signes cliniques que nous avons relevés sont pulmonaires, mais on peut noter également des manifestations générales (fièvre, malaises...).
Nous avons recensé entre juin 1985 et mai 1986, 36 hospitalisations pour ingestion de pétrole dans le Service de Pédiatrie de l'Hôpital Général de Port-Gentil.

1) Circonstances de survenue.

Nous avons retrouvé dans notre série un maximum de fréquence entre 1 et 2 ans (33 cas). Nous avons remarqué par ailleurs une légère prédominance masculine (60 % des cas) ainsi qu'une grande fréquence en saison sèche. La quantité de pétrole ingérée est difficile à évaluer, mais en général, peu importante (quelques millilitres). Il faut noter que les premiers gestes effectués par l'entourage sont généralement nocifs et expliquent en partie la gravité de la symptomatologie : administration de lait ou d'eau, vomissements provoqués, etc.

2) Principaux signes cliniques.

Le diagnostic est le plus souvent évident ; il est porté par la mère de l'enfant : en effet, l'odeur de l'haleine est caractéristique.

a) Les manifestations digestives :

Les vomissements sont fréquents (40 % des cas) et une diarrhée peut survenir dans les jours qui suivent. Nous n'avons noté ni hématémèse, ni rectorragie.

b) Les manifestations en rapport avec l'absorption du produit :

- Nous avons noté quelques cas de somnolence voire d'obnubilation rapidement résolutive.
- La fièvre est assez fréquente (50 % des cas) mais disparaît en 24 à 48 heures.
- On constate par ailleurs souvent une tachycardie, une hyperleucocytose à polynucléaires ou une leucopénie à 2500/mm3.
Nous n'avons pas observé de collapsus, d'atteinte rénale ou hépatique, ni de coma.

c) Les manifestations respiratoires :

Ce sont les plus fréquentes et les plus graves ; elles sont d'autant plus sérieuses qu'il y a eu vomissements spontanés ou provoqués. Ceci est confirmé dans toutes les études (1, 2, 3, 4). Elles sont précoces, survenant dans les 3 heures suivant l'ingestion, et se caractérisent par une toux quasi constante et une dyspnée (présente dans 30 % des cas de notre série) qui s'accompagne en général de râles bronchiques. Il faut rappeler ici la discordance entre les signes cliniques et radiologiques. L'atteinte radiologique est en effet quasi systématique même sans aucun signe clinique, et survient dès la première demi-heure après l'intoxication.

3) Signes radiologiques.

La radiologie des poumons est l'examen le plus important qui permet d'apprécier l'étendue des lésions, et par voie de conséquence, le pronostic. Il suffit qu'une faible quantité de produit passe dans la tranchée (1 ml/kg) pour que ces signes soient importants. Le pétrole lampant présente une faible tension superficielle et une faible viscosité. Le liquide couvre donc une grande surface du tractus bronchique, et entraîne des lésions de type interstitiel pouvant se caractériser par des images radiologiques et aboutir un à oedème alvéolaire.         

a) Horaire de réalisation des radiographies :

En général les clichés du thorax ont été pris entre la première et la sixième heure après l'ingestion.

b) Siège des lésions pulmonaires :

- la base et le hile sont le plus souvent atteints, puis le lobe moyen. Nous n'avons observé qu'un seul cas de lésion lobaire supérieure.
- le poumon droit est le plus fréquemment atteint.
- dans le cas de lésions bilatérales, les lésions sont plus importantes à droite.

La fréquence et la gravité des lésions basales droites sont en rapport avec la configuration anatomique de l'axe trachéobronchique (tableau I).

Tableau I

Siège des lésions pulmonaires.


 

Côté

 

 

Siège au niveau

du poumon

 

Bilatéral

Droit

Gauche

Lobe inférieur

Hile

Lobe inf. +
Lobe moyen

Sommet

14

17

3

22

6

5

1

c) Fréquence des lésions radiologiques :

Nous avons rencontré deux cas d'image radiographique normale. Cet aspect peut être la traduction, non d'une absence de syndrome interstitiel, mais d'une pathologique à minima. La fréquence des lésions pulmonaires que nous avons observées est donc de 95 %. Elles sont plus étendues chez les enfants ayant vomi.

d) Types d'image radiologique :

Celles-ci sont variées comme le montre le tableau II :

Tableau II

Aspects radiologiques.


 

Syndrome intersticiel

12

Syndrome alveolaire

1

Opacités systématisées

5

Scissurite

3

Epanchement pleural

1

Lésions associées :
- Syndrome intersticiel - scissurite
- Syndrome intersticiel - scissurite - épanchement pleural
- Syndrome intersticiel - épanchement pleural
- Syndrome alvéolaire - scissurite


4
2
2
4

Oedème pulmonaire

0

Distension gastrique associée à des lésions pulmonaires

2

Niveau de DAFFNER

0

Pneumothorax

0

Anomalie de la silhouette cardio-vasculaire

0

Ces images radiologiques ne sont pas spécifiques en elles-mêmes. Dans notre étude, nous constatons comme chez  Eben-Moussi (3) une prédominance des lésions associées et des atteintes interstitielles. De plus, nous avons retenu 5 cas d'épanchement pleural associé ou non à des lésions pulmonaires. Cette localisation serait en faveur d'une ingestion importante de pétrole. Nous n'avons pas retrouvé d'œdème pulmonaire. Dans notre série, nous avons noté deux cas de distension gastrique et aucun cas de niveau de Daffner. Ce dernier est la représentation du pétrole, de moindre densité, surnageant au-dessus du liquide gastrique. Pour être visible, il faut qu'il y ait au moins 5 ml d'hydrocarbure dans l'estomac.

e) Évolution radiologique :

Les lésions pulmonaires ont évolué dans la plupart des cas vers la guérison en deux ou trois semaines sous antibiothérapie. Dans aucun cas, nous n'avons constaté sur les clichés de contrôle l'apparition d'images bulleuses au sein des foyers de pneumopathie. Pour Faure (5), ces lésions surviennent dans les quinze jours suivant l'ingestion.

Évolution

Dans notre série, l'évolution a toujours été simple. Nous n'avons relevé aucun cas de détresse respiratoire mettant en jeu le pronostic vital. Les signes cliniques ont disparu en moyenne en 24 à 48 heures, la guérison radiologique a été obtenu dans tous les cas après un délai moyen d'une semaine. Malheureusement nous n'avons pu revoir ces enfants au-delà de cette période pour apprécier une éventuelle fragilisation des voies respiratoires à l'origine de bronchites à répétition ou d'images bulleuses. Comme dans d'autres séries (3), nous avons noté l'importance, parmi les facteurs de gravité, des états morbides associés (malnutrition, drépanocytose, anémies carentielles ou parasitaires) qui allongent la durée d'hospitalisation.

Thérapeutique

C'est par l'information de la population qu'on peut essayer de prévenir les gestes nocifs au moment de la découverte de l'accident. Les parents ne doivent pas donner à l'enfant ni lait, ni tout autre produit, ni le faire vomir (7 et 8). Il faut par contre le placer en position latérale de sécurité pour prévenir l'inhalation des vomissements. L'hospitalisation est systématique car l'évolution est imprévisible quelle que soit la symptomatologie initiale (risques de pneumothorax ou de surinfections). Les points importants du traitement sont les suivants : contre-indication du lavage gastrique, manœuvres de réanimation cardio-respiratoire si nécessaire (ventilation artificielle, remplissage vasculaire en cas de collapsus), en cas d'atteinte pulmonaire sévère bilatérale, restriction hydrique et éventuellement traitement par furosémide. L'antibiothérapie a été systématique dans notre série (bêtalactamines). La corticothérapie parentérale (dexaméthasone) a été utilisée dans 30 % de nos cas en raison de l'importance de l'irritation bronchique. Sa durée moyenne a été de trois à quatre jours. Rappelons donc l'importance de la prévention de ces accidents et, en particulier, de l'éducation sanitaire insistant sur le rangement des produits ménagers hors de portée des enfants (7, 8).

Conclusion 

Les intoxications accidentelles par le pétrole sont fréquentes dans les villes africaine, en particulier chez l'enfant de 1 à 2 ans. Nous avons dénombré 36 hospitalisations pour ingestion de pétrole dans le Service de Pédiatrie de l'Hôpital Général de Port-Gentil de juin 1985 à mai 1986. Ce sont les lésions pulmonaires qui dominaient le tableau clinique. L'atteinte radiologique quasi systématique survenait dès la première demi-heure, prédominait à droite, était aspécifique et se caractérisait le plus souvent par un syndrome interstitiel. Dans notre série; l'évolution clinique et radiologique a été favorable dans tous les cas après traitement symptomatique et antibiothérapie. La prévention des accidents domestiques par l'éducation sanitaire devrait permettre de réduire la fréquence de ces intoxications.

Bibliographie

1. Agbessi (V.). - Bull. Soc. Méd. Afr. Noire, Langue Franç. 1971, 16, 105-113.
2. Beaufils (F.), Wattel (F.), Sterkers (G.), Gosselin (B.), Chopin (C.), Durocher (A.), Autard (Y.) & Mouzard (M.). - Intoxications aiguës par le pétrole et ses dérivés. Rev. Prat., 1979, 29, 1251-1257, 11 réf.
3. Eben-Moussi (E.), Yao (J. G.) & Nkam (M.). - Actualité de la pneumopathie pétrolique. Une expérience hospitalière en Afrique. Conc. Méd., 1978, 100, 5315-5325, 40 réf.
4. Essoh (N.) et coll. - Rev. Méd. Côte d'Ivoire, 1970, 6, 13-15.
5. Faure (C.). - Les pneumopathies par inhalation. In : Traité de radiodiagnostic, Paris, Masson, 1978. Radiopédiatrie, vol. 19, 437-439.

6. Heinisch (H. M.) & Leve Johann (R.). -The pathogenesis of radiological changes in the lung after ingestion of petroleum distillate. An experimental study in rabbits and extrapolation of the results to children. Ann. Radiol., 1973, 16, 263-266.
7. Huber (C.), Cadrin (C.), Lasseny (M.) & Desrentes (M.). - Guide pratique pour la santé de la famille, 32 p. Ed. Elf-Gabon, ASSCEG, 1986.
8. Leveque (B.). - Intoxications accidentelles chez l'enfant. Comment les réduire ? Conc. Méd., 1981, 103, 3649-3653.
9. Wolesdorf (J.) & Kundig (H.). - South. Africa Méd. J., 1972, 16, 619-621

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PÉDIATRIE (sites utiles):

http://www.pediatres-alsace.com  (site des pédiatres d'Alsace)

http://www.pediasite.com (annuaire des sites pédiatriques francophones)

http://www.pediatrie.be/abcd%20.htm  (abécédaire de pédiatrie ou "comment éviter les grosses erreurs" en pédiatrie...)

http://www.ptitclic.net (pour tous les enfants du monde, de 7 à 77 ans...)

http://www.ethnokids.com/ (échanges scolaires Nord-Sud sur le web)

http://www.apel.asso.fr (association de parents d'élèves de l'enseignement catholique)

http://www.grandiravecsesenfants.com (association de parents d'élèves)

http://fmss.multimania.com/html/cadre.htm (Faculté de Médecine de Libreville)

http://www-ulpmed.u-strasbg.fr/medecine/ (Faculté de Médecine de Strasbourg)

http://perso.wanadoo.fr/pfersdorff.pediatre/ (neuf pédiatres de Strasbourg)

http://perso.wanadoo.fr/laurence.neimann/ (site du Dr Neimann, C.H.U. de Nancy)

http://perso.netinfo.fr/Lecourt/pediatrie.html (site du Dr Lecourt, Gravelines)

http://www.caducee.net (information médicale)

http://www.medisite.fr/ (information médicale)

http://www.atmedica.com (information médicale)

http://www.jim.fr (information médicale)

http://www.esculape.com (information médicale)

http://piedbot.free.fr. (pieds bots)

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