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LE SIDA EN AFRIQUE, CONSIDERE COMME MALADIE DE CIVILISATION (comptes-rendus de missions en Afrique de 1985 à 1999)          RAPPEL HISTORIQUE :  PROBLÈMES MORAUX ET SOCIAUX AUX COLONIES (Albert Schweitzer, Une Anthologie, Payot Paris éd. 1950)    Dépistage de l'infection par le VIH au cours de la grossesse et prévention périnatale de la contamination de l'enfant Avis et recommandations du Conseil national du sida adoptés lors de la séance plénière du 14 mars 2002, sur proposition de la commission " Dépistages "  SIDA, dernière mise à jour: le pire est à venir ( LE MONDE | 26.11.02)   ZACKIE ACHMAT "En Afrique du Sud, on n'a encore rien vu de l'épidémie de sida" Propos recueillis par Gian Paolo Accardo, © Courrierinternational.com (07 février 2003)   L'Afrique du Sud annonce un vaste plan de lutte contre le sida   dernières nouvelles de la prise en charge du sida en Afrique (extraits du forum) NEW  SIDA (liens utiles)

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De la forêt primaire à la côte atlantique au sud de Port-Gentil en passant par l'Hôpital Albert Schweitzer à Lambaréné (photos C.H., 1986). Autour du Cap de Bonne Espérance (photos C.H., 1999).Article "MST" de Lolie n°12,Nous les filles!

LE SIDA EN AFRIQUE, CONSIDERE COMME MALADIE DE CIVILISATION (comptes-rendus de missions en Afrique de 1985 à 1999)  

Archives de Pédiatrie 2000; pages 687-688, Paris. HUBER C.

Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.   La peste, Albert Camus, 1947.

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Extension de l'infection VIH en Afrique de 1982 à 2000

1) Le Gabon (1985,1986 et 1993).  

                  A son début, le SIDA est en Afrique une réalité moins étudiée qu’ailleurs dans le monde. Il y a peu de statistiques fiables, peu de données chiffrées précises, et par conséquent sous-information de la population. Lors de mon premier séjour au Gabon, en tant que pédiatre de l’hôpital de Port Gentil en 1985 et 1986, on commençait tout juste à évoquer la question. Étant retourné en Afrique en 1993, j’ai pu faire avec mes collègues port-gentillais un nouveau point sur l’évolution de la situation sanitaire locale. Ce séjour avait pour motif mon interview par la Télévision Gabonaise sur le thème : les chrétiens face au SIDA.

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Extraits de la bande dessinée  " Yannick Dombi ou le choix de vivre ", Fargas, Denayer, diffusion SIED, Comité National de Lutte contre le Sida et les Maladies Sexuellement Transmissibles Multipress-Gabon B.P.3875, Libreville 1992. Adam et Ève. A.Durer. Prado. Le Radeau de la Méduse. Théodore Géricault (1791-1824) Paris, Louvre. Réfugiés rwandais à la recherche de leur famille après le génocide, 1994. Échanges mails, forum franco-gabonais 2001. La Nef des fous. J.Bosch,Louvre.  Jean de la Fontaine. Nelson Mandela

                  Par rapport à 1986, je n’ai pas observé d’augmentation des moyens financiers, ni en pédiatrie ni en chirurgie ni dans le service de réanimation. Pourtant, des progrès indéniables ont été réalisés pour les enfants, grâce notamment aux vaccinations. Le tétanos du nouveau-né et de l’enfant a pratiquement disparu, la rougeole et la poliomyélite sont en nette diminution . Par contre, ces progrès sur le plan préventif ne s’accompagnent pas d’une amélioration des ressources et habitudes alimentaires.  On nous montre encore de nombreux nourrissons atteints de malnutrition protéino-calorique. D’autre part, on est frappé par le facteur de régression sanitaire le plus apparent : l’extension du SIDA, appelé ici la " courte maladie ", ce qui veut tout dire…En fait, cette maladie traduit une véritable impasse des politiques de santé (actuellement,5% environ des adultes gabonais sont infectés par le VIH).

                  De retour en Alsace, j’ai rouvert le livre d’ Albert Schweitzer, A l’orée de la forêt vierge, en me demandant si au début du siècle, il avait eu à affronter des difficultés similaires, non pas liées à la médecine directement, mais provenant de l’état de civilisation. Quelles forces viennent contrecarrer les efforts de développement ?  La civilisation occidentale elle-même est malade. Plus exactement, la colonisation et le commerce mondial ont décomposé les sociétés africaines 

                    La tragédie vient du fait que " les intérêts de la Civilisation et ceux de la colonisation ne coïncident pas, mais sont à beaucoup d’égards antagonistes ". En effet, on a augmenté inconsidérément les besoins des Africains, non pas afin d’amorcer le développement de leurs sociétés mais afin des les asservir : " le négociant excite les besoins des indigènes en leur offrant des marchandises utiles, comme les étoffes, les outils, mais aussi des marchandises inutiles comme le tabac et les articles de toilette, ou même nuisibles comme l’alcool… On servirait mieux le progrès de la Civilisation en laissant les habitants de la forêt vierge demeurer dans les villages, en les incitant à y apprendre à exercer un métier, aménager des plantations, cultiver le cacoyer et le caféier pour leurs propres besoins et pour la vente, construire des maisons en planches ou en briques, au lieu de cases en bambou, en les laissant ainsi mener une existence sédentaire et tranquille… Les agglomérations de travailleurs indigènes sont des foyers de démoralisation ".

                   Ce qui fut écrit en 1920 peut paraître vieillot, réactionnaire. Mais qu’observons-nous aujourd’hui dans les matitis de Libreville, ces " agglomérats de planches et de tôles ", où s’entasse une population de déracinés ?  Des " foyers de démoralisation " justement, dans tous les sens du mot.  Nous en avons le témoignage direct de H.F.Ndong Mbeng qui a su le dénoncer (les matitis, éd. Sépia, 1992).

                   Le SIDA est une maladie de cette urbanisation anarchique et s’ ajoute en ces lieux à tous les fléaux connus des siècles passés : la tuberculose , la syphilis, l’alcoolisme, la famine. Ces maladies et ces malheurs n’ont rien de naturel ; ils accompagnent la misère et la solitude, l’atomisation des communautés, suite à l’exode rural et à l’éclatement des anciennes solidarités qu’aucun régime de sécurité sociale  ne remplace ici. Dans ces quartiers dits " populaires ", les bidonvilles, il n’y a pas de droit élémentaire à l’accès aux soins même primaires ni à l’éducation ni même à une information de base.  

2) L’Afrique de l’Est et du Sud (1999) .  

             On ne peut qu’être stupéfait de l’accélération des progrès des techniques de communication à l’ère informatique ; en ce qui concerne le VIH , nous serons bientôt capables de connaître l’évolution du taux de séropositivité du moindre village de brousse ou bidonville (cf site Internet ONUSIDA : http://www.unaids.org/ ). Et pourtant, la pandémie progresse inexorablement avec ses rythmes si différents suivant les pays mais surtout les régions voire les villes ou les quartiers… Comment peut-on essayer de comprendre la brutalité de l’extension du SIDA durant les années 1990 en Afrique de l’Est et du Sud, au point de toucher actuellement un adulte sur dix à un adulte sur quatre ? Le facteur le plus important est bien sûr la pauvreté mais elle n’explique pas tout, loin de là. Il suffit d’étudier la dynamique de l’infection à Madagascar qui est tout aussi démuni que ses voisins continentaux mais dont le taux de prévalence du VIH est quasi nul en 1999 ! Les contrastes dans l’urbanisme sont encore plus nets dans les mégapoles d’Afrique du Sud comme Cape Town où j’ai eu l’occasion récemment de rencontrer des collègues pédiatres. Ici, deux mondes se font face plus qu’ils ne cohabitent avec d’un côté les quartiers cossus de la façade maritime et de l’autre les bidonvilles en expansion constante à partir de l’intérieur des terres.

                La rencontre se fait de manière plus ou moins violente au centre ville mais aussi le long des routes à l’occasion des arrêts obligatoires… Inutile de préciser que le sentiment d’insécurité est grand quand on a un travail, une maison ou tout simplement une voiture. Les candidats à l’émigration ne manquent pas. Qu’est ce qui rend cette jeune nation si exemplaire pour le 21ème siècle, pour le meilleur ou pour le pire ?  Cette rencontre si difficile et douloureuse entre l’Afrique, l’Occident et l’Orient semblait dans une impasse totale du temps de l’apartheid. L’espoir est grand de bâtir sur les décombres de celui-ci une nouvelle nation pluriethnique, plurilingue, " arc en ciel " (rainbow nation).

                 On observe indéniablement un changement des priorités avec de vastes programmes de logements sociaux ainsi que le soutien à l’éducation primaire et aux soins de santé de base, le but étant d’essayer de donner à chacun sa chance dans la vie. Il serait dramatique pour ce pays mais peut-être aussi pour le monde entier que ce rêve se brise et qu’à l’apartheid politique se substitue un apartheid économique. Actuellement, la proportion de femmes enceintes infectées par le virus du SIDA double tous les ans et atteindra bientôt 20 % (avec des taux dix fois supérieurs dans les régions déshéritées du pays par rapport aux régions favorisées). En Tanzanie où la proportion des adultes atteints par le virus a déjà dépassé ces chiffres, certains luttent malgré tout avec intelligence et ténacité. Ils mettent en garde les pays en passe de les rejoindre dans ce sinistre cortège (comme ceux de l’Afrique Centrale). Refusant la fatalité de l’épidémie, qu’ils ont comparée à une inondation, ils estiment que beaucoup pourront s’en sortir à condition de se hisser à bord de quelques "  bateaux " à leur portée : abstinence, fidélité, préservatifs (Joinet,Mugulola, survivre face au SIDA en Afrique, éd. Karthala, 1994).

                Les spectaculaires progrès que représente la trithérapie permettent d’allonger la durée de vie des malades et réduisent le risque de transmission de la mère à l’ enfant. Malheureusement, en raison de leur coût, ils ne sont pas près d’être appliqués en Afrique.

                Le problème du SIDA nous renvoie donc à la situation mondiale, à la mondialisation de l’inégalité, aux divisions économiques et culturelles du monde contemporain. L’ Humanité a-t-elle une chance de survivre sans une renaissance spirituelle et plus précisément un renouveau éthique ?  Et si celui-ci nous venait d’Afrique ?  

                Souhaitons que le Cap qui est réputé parmi les navigateurs du monde entier pour sa beauté et son accueil (the fairest cape) redevienne un Cap de Bonne Espérance pour tout le continent.

Remerciements : R. RIBIERE et J.P. HOCH (Congrégation du Saint-Esprit, Paris,Congo,Taiwan), R. SCHWEITZER-MILLER, S. POTEAU, J.P. SORG, O. PRINTZ et F. ISCH (Association française des Amis d’A. Schweitzer, Gunsbach, Strasbourg, Etats-Unis), F. LASSENY (C.H. Port Gentil, Gabon) M. GENTILINI, M. ODIEVRE(Paris) J.P. CHOURAQUI(C.H.U.Grenoble), P. BEAUVAIS, M.C. HUBER-BRAUN, P. LALLEMANT(C.H.Mulhouse), M. et B. WEBER(C.H.U.Mayence, Allemagne), J. PETIT(Reims et Constance), N.LIEBER, G.et J.HAEGY, T.HUBER, A. SCHWERTZ, C. KLEIN, J. MUHEIM, H. GOETSCHY(Haut Comité pour les langues alsaciennes, Colmar).   * Service de Pédiatrie C.H. MULHOUSE Hasenrain – 87, avenue d’Altkirch – 68051 MULHOUSE CEDEX - FRANCE

RAPPEL HISTORIQUE :  PROBLÈMES MORAUX ET SOCIAUX AUX COLONIES (Albert Schweitzer, Une Anthologie, Payot Paris éd. 1950)

            Notre devoir est de proclamer à nouveau les droits inviolables de l'homme, les droits qui garantissent à l'individu le maximum de liberté possible au sein de sa propre nation, qui protègent son existence et sa dignité humaine contre toute puissance à laquelle il pourrait être soumis. [Éthique, all. XXI ; angl. XX.] L'idée des droits de l'homme fut conçue et développée au cours du XVIIIe siècle, quand la société était un ensemble organisé et stable. Quels que soient les droits fondamentaux de l'homme, ils ne peuvent être assurés pleinement que dans une société stable et bien ordonnée. Dans une société qui n'est pas encore ou qui n'est plus dans cet état, son existence et son développement peuvent exiger que certaines restrictions soient apportées à ces droits fondamentaux. Pour les populations indigènes des terres coloniales j'établirais comme droits de l'homme fondamentaux : premièrement le droit de résidence, deuxièmement le droit de libre circulation, troisièmement le droit à la terre et à son usage, quatrièmement le droit à la liberté du travail et de l'échange des produits, cinquièmement le droit à la justice, sixièmement le droit de vivre dans le cadre d'une organisation nationale, et septièmement le droit à l'éducation.

             L'homme a le droit de vivre dans son pays d'origine et de ne .pas être transplanté. Ce point est particulièrement important dans les sociétés primitives. Pourtant dans la colonisation, ce droit est constamment menacé, souvent nullement par mauvaise volonté, mais par la simple force des faits, quand, par exemple, une ville se développe de façon à englober un petit village primitif, ou que la création d'une grande route s'impose pour le ravitaillement et le développement d'une contrée. Dans les deux cas, un déplacement de village peut devenir inévitable. Si cette mesure est exécutée sans un plan établi avec soin et à longue échéance, sans les avertissements appropriés, sans la création préalable de nouvelles plantations, inévitablement l'impression va être créée dans l'esprit de l'indigène qu'il est livré à l'action d'une volonté arbitraire. Tout déplacement de village doit toujours être ordonné sur une base rationnelle et en vue du bien-être futur. Certaines difficultés surgissent en terre coloniale au sujet de la liberté d'émigration et d'immigration. De vastes plantations de cacao, par exemple, exercent un fort appel sur la main-d'œuvre des territoires voisins. Donner libre cours à cet appel aboutirait à enlever à ceux-ci la main-d'œuvre dont ils ont besoin. Pour cette raison, ils restreignent la liberté de déplacement. Il y a aussi qu'au moment de la perception des impôts, la tentation est grande pour l'indigène de disparaître dans la forêt et de déménager dans une autre région. L'administration exige donc qu'il reste dans son canton. Du point de vue de l'intérêt économique de la région, cette mesure est raisonnable, mais elle comporte une limitation de la liberté de circulation. Quant au droit de disposer de la terre, il s'agit d'établir quelles sont, parmi les richesses du sol et du sous-sol, celles qui doivent rester à la disposition des indigènes, et celles qui doivent être confiées à des entreprises qui développeront leur valeur. Voici un chef de famille à qui l'on offre de l'argent en échange de sa terre. L'argent est remis entre ses mains. Il le dépense en habits, verroterie, outils et autres objets pour lui et ses femmes. La terre est partie, l'argent aussi, et ses descendants se retrouvent des parias, des ouvriers sans terre. Il est donc de l'intérêt même des indigènes que leur droit à disposer librement de leur terre soit limité. 

             Aucun droit n'est aussi essentiel que celui de la liberté de travail. Dans les territoires coloniaux, il peut cependant se présenter des situations qui peuvent légitimer, dans une certaine mesure, l'obligation au travail. Si l'État a le droit d'imposer des taxes à percevoir en argent ou en nature, peut-on lui refuser entièrement le droit de percevoir, en cas de nécessité absolue, une prestation en travail effectif ?  Une famine règne dans une certaine région. Pour sauver la vie des habitants, il faut y envoyer des vivres. Les hommes refusent de les transporter malgré le salaire offert (bien entendu, le travail est toujours payé, qu'il soit obligatoire ou non). Comment venir dans ce cas en aide a la population de la région de famine, sans imposer le travail nécessaire à ceux qui ne se soucient pas de la secourir ?  Pour porter un jugement équitable sur le problème de l'obligation au travail dans les colonies, il ne faut pas oublier qu'en Europe il existe une obligation au travail qui n'entre pas en ligne de compte pour la population indigène, ou du moins n'a pas la même importance : la lutte pour l'existence. En Europe, l'individu est obligé de travailler pour avoir le nécessaire, pour se procurer un logement, se nourrir, se chauffer, s'habiller et payer ses impôts. Cette nécessité de fournir du travail et de produire ne s'impose pas à l'indigène au même degré. Il dispose de la terre qui le nourrit sans lui demander un travail comparable à celui de l'agriculteur européen et de la forêt qui lui fournit les matériaux pour sa case et son feu. Il n'est pas écrasé par l'impôt. Il peut donc se contenter, pour vivre, d'un minimum de travail et de production. Mais cette production réduite peut devenir un grave problème pour la colonie et sa population. Il se peut, par exemple, comme c'est le cas pour la région que je connais, que la production de denrées alimentaires, dans ces conditions, suffise tout juste à fournir le nécessaire à ceux qui vivent dans les villages et qui ont leurs plantations, mais non à cette partie de la population qui vit sur les chantiers miniers, les chantiers d'exploitation forestière et dans les agglomérations de la côte, population qui par ses occupations ou par le manque de terrains aptes à la culture, comme c'est le cas des régions sablonneuses de la côte, n'est pas en état de produire des vivres. Par le fait que, pour les habitants des villages, l'obligation de tirer du sol le plus grand rendement n'est pas donnée normalement par la lutte pour l'existence, la terre ne fournit pas ce qu'elle pourrait et devrait fournir pour le ravitaillement de l'ensemble de la population. D'où non seulement prix trop élevés des vivres, mais famines et nécessité d'une importation de vivres, difficile à compenser par des exportations équivalentes. Étant donné cette situation, serait-ce une atteinte intolérable aux droits de l'homme que d'exiger des gens habitant les villages de produire plus de vivres que le minimum suffisant pour leurs propres besoins, en vue d'assurer, autant que possible par les ressources du pays même, le ravitaillement de toute sa population ? Témoin de ces famines chroniques depuis de longues années et me débattant dans les difficultés de me procurer la nourriture nécessaire à l'entretien des malades et du personnel indigènes de mon hôpital, j'incline à penser que la mesure pourrait se justifier. 

             Quant au droit à la justice, la justice traditionnelle des indigènes a l'avantage, pour les cas ordinaires, d'être rendue sur place et sans procédure compliquée par le chef indigène compétent. Pour les affaires d'une certaine importance, le concours et le contrôle d'un juge professionnel, dépendant de la Direction de la Justice de la colonie, est indiqué dans l'intérêt même de l'accusé. Comparée à notre notion et à notre sentiment de la justice, la loi indigène est d'ordinaire beaucoup trop sévère. Elle doit évoluer sous notre influence, afin que la peine soit mieux proportionnée au délit. Nous ne pouvons donc pas concéder aux indigènes la liberté d'appliquer, sans modifications, leurs coutumes en matière pénale. Autant que faire se peut, même dans cette seconde catégorie d'affaires, le règlement doit se faire sur place, à cause des difficultés de communication pour les partis et les témoins. La sentence doit être rendue en collaboration avec les chefs indigènes. Écarter leur autorité, ce serait supprimer l'intermédiaire obligatoire entre l'administration et la population. En Europe, l'intermédiaire entre le gouvernement et le peuple est constitué par les services publics, chez les primitifs, tout repose sur l'autorité personnelle. Nous n'avons pas affaire à des peuples mais à des tribus, non à des gouvernements organisés, mais à des chefs. Ce qui importe en terre coloniale, c'est que nous arrivions à développer et à stabiliser une organisation sociale appropriée. A cet effet, nous avons besoin d'une population sédentaire, possédant maisons, champs, jardins, ateliers et les aptitudes nécessaires pour les créer. Il faut donc faire œuvre éducative. L'œuvre éducative au milieu d'une population primitive ou semi-primitive doit être un mélange d'éducation intellectuelle et manuelle adaptée aux besoins des membres de cette société. Ce sont des maîtres-artisans qu'il faut envoyer dans ces régions et pas des instituteurs ordinaires seulement. En fait, le problème central de l'éducation là-bas est de savoir comment faire aimer et pratiquer par ces peuples la culture de la terre et les métiers. L'indigène risque de supprimer dans son évolution les étapes de l'agriculture et du métier. Il a une certaine aversion pour le travail manuel et préfère chercher un emploi dans le commerce ou dans l'administration. Constamment, dans la région de Lambaréné, j'entends la phrase : je veux devenir écrivain.  Nous ne pouvons pas construire une organisation sociale convenable avant que l'indigène n'ait reçu la formation nécessaire pour produire ce qui est à la base de sa subsistance, c'est-à-dire faire pousser sa récolte et se construire une habitation convenable. L'indépendance des peuples primitifs ou semi-primitifs est compromise à partir du moment où la première embarcation d'un blanc accoste, chargée de nos produits. A ce moment, la situation sociale, économique et politique commence à se renverser. L'œuvre politique d'un État colonial doit être de parer aux inconvénients et aux dangers qui résultent de ce changement.  Les peuples primitifs n'ont pas perdu leur indépendance à partir du moment où le protectorat ou une autre forme de gouvernement a été proclamé. Elle était déjà perdue du fait de la nouvelle structure économique créée par leur participation au commerce mondial. La question pour nous n'est donc pas : Avons-nous un droit sur ce pays ?  En réalité nous sommes placés devant l'alternative suivante : Sommes-nous maîtres de ces pays et de ces peuples simplement pour les utiliser comme producteurs de matières premières pour nos industries ou sommes-nous responsables du développement d'un nouvel ordre social capable de les conduire au mieux-être

          A mon avis nous avons le droit de coloniser, si nous avons l'autorité morale pour exercer cette influence. [Races, 65-70.] Le fait tragique est que les intérêts de la colonisation et ceux de la civilisation ne suivent pas toujours les mêmes directions mais peuvent se trouver en antagonisme. Ce qui vaudrait le mieux pour les peuples primitifs, ce serait de rester autant que possible à l'écart du commerce mondial et de parcourir lentement, sous une sage tutelle administrative, l'évolution qui conduit du nomadisme ou du semi-nomadisme à l'agriculture et l'artisanat. Mais cette lente évolution est rendue impossible par le fait que ces peuples eux-mêmes refusent de rester à l'écart du commerce mondial, comme celui-ci de son côté ne peut renoncer aux produits qu'ils peuvent lui fournir. Par suite de cet enchaînement de faits, il devient très difficile de pratiquer une colonisation qui soit en même temps une vraie initiation à la civilisation. La vraie richesse de ces peuples consisterait dans leur capacité de produire eux-mêmes, par l'agriculture et le travail artisanal, tout ce dont ils ont besoin. Au lieu de cela, leur unique souci est de fournir au commerce mondial les matières qu'il recherche et qu'il paye bien. Avec l'argent ainsi gagné, ils se procurent par son intermédiaire des objets manufacturés et des vivres. Par ce procédé, ils ruinent l'artisanat indigène et souvent même les bases de leur propre agriculture. Voilà la situation dans laquelle se trouvent les peuples primitifs et semi-primitifs qui peuvent offrir au commerce mondial du riz, du coton, du café, des minerais, du bois et d'autres produits (Vie,all 165; ang 223-24). La nature fournit à l'indigène, avec un travail minime, à peu près tout ce dont il a besoin pour vivre dans son village. La forêt lui offre du bois, du bambou, du raphia et de l'écorce pour construire une case primitive qui le protège du soleil et de la pluie. Il n'a plus qu'à planter quelques bananiers et du manioc, à pêcher et à chasser : cela lui permet de rassembler ce qui lui est nécessaire, sans être obligé de rechercher un gain régulier. Il n'acceptera une place que dans un but déterminé : il a besoin d'argent pour acheter une femme ; sa femme ou ses enfants ont envie d'étoffes, de sucre, de tabac ; lui-même désire une hache neuve ou de l'eau-de-vie, un vêtement ou des souliers. Ce sont donc des besoins plus ou moins étrangers à la lutte pour l'existence proprement dite qui amènent cet enfant de la nature à s'embaucher pour un travail. Lorsqu'il ne voit pas la nécessité de gagner de l'argent, il reste au village. S'il accepte de travailler quelque part, dès qu'il aura gagné suffisamment pour s'accorder ce qu'il a en vue, il n'aura plus de raison de s'astreindre à un effort et retournera dans son village, où il trouvera toujours un toit et de la nourriture (Forêt Vierge, 150-51.] On s'imagine volontiers en Europe que, chez les peuples primitifs, on trouve autant d'ouvriers qu'on en veut, pour un salaire très modéré. C'est le contraire qui se produit. Le recrutement des ouvriers ne présente nulle part autant de difficultés que dans ces milieux ; nulle part, non plus, on ne les paye aussi cher, proportionnellement au travail fourni. On attribue cet état de chose à l'indolence des primitifs. Mais le primitif est-il réellement si indolent ?  Le problème n'est-il pas plus profond ?  Quiconque a vu les habitants d'un village de primitifs défricher un bout de forêt pour y établir une plantation nouvelle, sait qu'ils sont capables de travailler pendant plusieurs semaines avec un zèle et une application soutenue. Chaque village - soit dit en passant - est obligé à se livrer tous les trois ans à cette besogne, dure entre toutes. Les bananiers épuisent le terrain avec une extrême rapidité ; aussi est-il nécessaire d'aménager tous les trois ans une nouvelle plantation. Pour moi, je ne me sens plus le droit de parler sans réserve de l'indolence des primitifs, depuis que quinze indigènes ont, durant trente-deux heures, remonté le fleuve en pagayant presque sans interruption, pour m'amener un blanc gravement malade. L'indigène travaille donc assidûment à l'occasion ; mais il ne travaille que dans la mesure où les circonstances l'exigent. L'enfant de la nature - c'est ici la réponse à l'énigme - n'est jamais qu'un travailleur plus ou moins occasionnel. [Forêt Vierge, 148-50.] Les problèmes sociaux résultant des importations européennes sont très graves. Jadis, les indigènes exerçaient bon nombre de métiers : ils taillaient des ustensiles de ménage en bois, fort bien imaginés ; ils confectionnaient d'excellentes ficelles en fibres d'écorce, et nombre d'autres objets ; au bord de la mer, ils recueillaient du sel. Ces métiers primitifs, ainsi que d'autres, ont été anéantis par les marchandises importées par le commerce européen. Le pot de fer émaillé, à bas prix, a remplacé le joli baquet de bois confectionné par les indigènes. Autour de chaque village, des amas de ces ustensiles rouillés gisent dans l'herbe. Beaucoup de métiers indigènes sont déjà à demi tombés dans l'oubli. Il n'y a que les vieilles femmes qui sachent encore confectionner des ficelles en fibres d'écorce et du fil avec les fibres de la feuille d'ananas. Même l'art de creuser des pirogues tombe en désuétude. Ainsi, les métiers indigènes sont en recul, tandis que la vraie méthode de civilisation serait de former une classe d'artisans capables. [Forêt Vierge, 165-66.] L'importation d'alcool est un sérieux danger social. On s'en rend compte en lisant quelles quantités de boissons alcooliques, calculées par tête d'habitant, sont importées chaque année dans certains ports de l'Afrique. On le constate quand, dans les villages, on voit les indigènes s'enivrer. Il faudra bien qu'on trouve la solution du problème si complexe de mettre l'indigène à l'abri du danger que représente pour lui l'alcool. [Foret Vierge, 166.] 

         La polygamie est une autre grave question sociale. Nous débarquons en Afrique avec l'idéal de la monogamie. Les missionnaires luttent par tous les moyens contre la polygamie et demandent en maints endroits au gouvernement de l'interdire par la loi. D'autre part, nous tous qui sommes ici devons avouer qu'elle est en connexion des plus intimes avec les conditions économiques et sociales du pays. Là où la population habite des cases en bambou et où la société n'est pas organisée de manière à permettre aux femmes de se rendre indépendantes en gagnant leur vie par un travail indépendant, il n'y a pas de place pour la femme célibataire. Or la polygamie est la condition première du mariage de toutes les femmes. De plus, il n'y a dans la forêt vierge ni vaches, ni chèvres laitières. La mère est donc obligée de nourrir au sein son enfant pendant longtemps, pour qu'il ne périsse pas. La polygamie respecte le droit de l'enfant. Après l'avoir mis au monde, la femme ne vit que pour son enfant durant trois ans. Elle n'est plus avant tout épouse, mais mère. Elle passe même souvent la majeure partie de ce temps chez ses parents. Au bout de trois ans on célèbre la fête du sevrage et la femme rentre alors comme épouse dans la case de son mari. Mais on ne peut concevoir cette période consacrée à l'enfant que si l'homme a pendant ce temps une ou plusieurs autres femmes pour s'occuper du ménage et des plantations. Encore un point. Chez ces peuples primitifs, on ne rencontre jamais une veuve ou un orphelin délaissés. Le plus proche parent hérite de la femme du défunt et doit l'entretenir, ainsi que ses enfants. Elle devient de droit sa femme, mais peut ensuite, avec son consentement, épouser un autre homme. Ébranler les fondements de la polygamie chez les peuples primitifs équivaudrait à faire chanceler tout leur édifice social. Nous est-il permis de le faire, sans être en mesure d'établir en même temps un nouvel ordre social qui s'adapte aux circonstances ? La polygamie ne continuerait-elle pas à exister, en rendant illégitimes les femmes de seconde main, jusqu'alors légitimes ?  Plus les conditions économiques s'amélioreront, plus la lutte contre la polygamie sera aisée. Dès qu'un peuple habite des maisons bien bâties avec des chambres séparées, qu'il se voue à l'élevage du bétail et à l'agriculture, la polygamie disparaît d'elle-même, parce qu'elle n'est plus requise par les conditions de l'existence et ne s'accorde plus avec elles. Dans le peuple d'Israël, grâce aux progrès de la civilisation, la monogamie a remplacé sans lutte la polygamie. Au temps des prophètes, toutes deux existaient encore ; mais au temps de Jésus, il n'est plus question de polygamie. La mission doit assurément faire de la monogamie un idéal et une conséquence du christianisme. Mais l'État commettrait une erreur en prétendant l'imposer par voie légale. Pour autant que j'en puis juger jusqu'à maintenant, ce serait également une erreur d'identifier la lutte contre l'immoralité avec la lutte contre la polygamie. Les femmes d'un mari ont généralement de bons rapports entre elles. La femme noire n'aime pas être la seule épouse, car elle doit alors pourvoir seule à l'entretien de la plantation, ce qui est du ressort de la femme. L'entretien des plantations est très pénible, parce qu'elles se trouvent à l'ordinaire loin du village, dans un endroit écarté. Ce que j'ai vu de la polygamie dans mon hôpital ne me l'a pas montré sous un jour odieux. Un jour, je vis venir, accompagné de deux jeunes femmes, un chef malade, d'un certain âge. Son état devenant inquiétant, une troisième femme apparut soudain ; elle était beaucoup plus âgée que les deux autre. C'était sa première épouse. Dès ce jour, elle se tint assise sur le lit de son mari, prenant sa tête dans son sein et lui donnant à boire. Les deux jeunes femmes lui témoignaient du respect, acceptaient ses ordres et faisaient la cuisine... Faut-il lutter contre l'achat des femmes ou le tolérer ? . S'il s'agit de donner une jeune fille pour femme au plus offrant, sans la consulter, on ne manquera pas de protester, cela va sans dire. Mais on peut envisager la chose sous un autre angle. Que, selon la coutume du pays, l'homme qui recherche une jeune fille et est agréé d'elle doive verser à la famille une certaine somme, il y a, au fond, aussi peu d'objections à y faire que contre la dot en Europe. Que l'homme, à son mariage, reçoive de l'argent de la famille ou qu'il lui en verse, cela revient au même, en principe. Dans les deux cas, c'est une affaire d^argent, basée sur des conventions sociales, qui se conclut à côté du mariage. Ce qui importe, chez nous comme chez les peuples primitifs, c'est que cette coutume demeure un facteur accessoire et non point déterminant dans le choix d'une femme en Afrique et d'un homme en Europe. Nous n'avons donc pas à combattre l'achat des femmes en lui-même, mais à exercer sur les indigènes une action éducatrice, afin que la jeune fille ne soit pas donnée au plus offrant, mais à celui qui pourra la rendre heureuse et pour lequel elle ressent quelque inclination. D'ailleurs, les jeunes filles noires ne sont en général pas dépourvues d'indépendance au point de se laisser vendre au premier venu. Il est vrai que l'amour ne joue pas ici le même rôle que chez nous lors de la conclusion d'un mariage. Le primitif et le semi-primitif ignorent le romanesque. Les mariages sont habituellement décidés en conseil de famille. Ils sont en général heureux. Par mes conversations avec les blancs les plus capables et les plus expérimentés de la région, j'en suis venu à la conviction que nous devons améliorer les lois et les mœurs existantes, et n'y rien changer sans nécessité. [Forêt Vierge, 168-73.] Au nombre de ceux qui prirent possession des pays coloniaux en notre nom, quelques-uns égalèrent les chefs indigènes en violence, et ont commis des crimes qui retombent aussi sur nous. De même les injustices qui se commettraient de nos jours vis-à-vis des indigènes ne doivent trouver ni excuse, ni silence complaisant. Mais le moyen de réparer nos torts ne consiste pas à offrir aux primitifs ou semi-primitifs de nos colonies une indépendance qui tôt ou tard les rendraient dépendants de quelques-uns de leurs semblables. La seule issue qui nous reste consiste à exercer notre domination de fait au bénéfice des indigènes et de lui donner ainsi une justification morale. L'impérialisme colonial même a un certain nombre de résultats de valeur éthique à son actif. Il a aboli la traite des noirs ; il a mis fin aux guerres incessantes menées par les tribus primitives les unes contre les autres et, de ce fait, il a fait régner une paix durable sur une grande partie du monde, il fait des efforts pour établir dans les colonies des conditions qui s'opposent à une exploitation de la population par le commerce mondial. [Vie, all 163-64; angl. 223-24.] Quelles sortes de relations établir entre l'indigène et nous ? Je dois lui montrer que je respecte la dignité de tout être humain. Il doit s'en rendre compte. L'essentiel est qu'il existe un esprit de fraternité. Jusqu'à quel point cet esprit se manifestera-t-il dans les rapports quotidiens ? C'est là une question d'opportunité. L'indigène a besoin d'être guidé et éduqué. Par conséquent, j'établirai la formule de nos relations de manière à ce que mon autorité naturelle y soit exprimée. Je définis comme suit mon attitude vis-à-vis de lui : " Je suis ton frère, mais ton frère aîné. " [Forêt Vierge, 173-7'4.] Le blanc n'a de réel ascendant que lorsque l'indigène le respecte. On aurait tort de se figurer que l'indigène a de la considération pour nous parce que nous en savons ou pouvons davantage que lui. Cette supériorité lui semble aller tellement de soi, qu'elle n'entre pas en ligne de compte. Le blanc pris isolément n'en impose pas aux indigènes par le fait que les blancs ont des chemins de fer et des bateaux à vapeur, volent même dans les airs ou naviguent sous l'eau. Ceux-ci ne peuvent évaluer l'effort intellectuel que représentent les conquêtes techniques. Mais quand l'indigène a affaire à un blanc, il sent avec une intuition infaillible si celui-ci est une personnalité, une personnalité morale. S'il la sent, l'autorité spirituelle est possible ; autrement, il n'est aucun moyen de la faire naître. L'indigène ne connaît que des jugements de valeur élémentaires et il juge avec les plus élémentaires de tous, les jugements moraux. Quand il rencontre la bonté unie à la justice et à la véracité, la dignité intérieure derrière la dignité extérieure, il s'incline et reconnaît son maître. Quand il ne les trouve pas, il demeure insolent sous des dehors de servilité. [Forêt Vierge, 175-76.] Une pénible humiliation attend tous ceux qui vont prêcher l'évangile parmi les gentils. " Où donc est votre religion éthique ? "  demandent-ils tous, qu'il s'agisse des primitifs de la forêt vierge ou des civilisés d'Extrême-Orient. Les résultats accomplis par le christianisme en sa qualité de religion d'amour sont comme effacés par le fait que sa force n'a pas suffi pour inculquer des sentiments pacifiques aux nations chrétiennes et qu'il s'est associé lui-même au cours de la guerre à tant de manifestations d'une mentalité non morale. Lorsque nous prêchons l'évangile dans les terres lointaines, n'essayons point de nier ces tristes faits, ni de les excuser. Nous n'avons pas rempli notre mission civilisatrice comme nous l'aurions dû, à présent il s'agit de le faire dans un esprit plus profond et plus éthique. [Christianisme, all.9-60 ; angl. 84-85.]

Dépistage de l'infection par le VIH au cours de la grossesse et prévention périnatale de la contamination de l'enfant Avis et recommandations du Conseil national du sida adoptés lors de la séance plénière du 14 mars 2002, sur proposition de la commission " Dépistages ". Responsable de la commission : Mme Claudine HERZLICH Membres de la commission : M. Jean-François BLOCH-LAINE Mme Dominique COSTAGLIOLA M. Jean-Marie FAUCHER M. Jean-Albert GASTAUT Mme Catherine LEPORT M. Alain MOLLA M. Jacques PASQUET Rapporteurs : Arme MARIJNEN Mathieu THEVENIN

Recommandations 

     Idéalement, les transmissions du VIH de la mère à l'enfant pourraient aujourd'hui concerner moins de 2% des enfants nés de mères séropositives pour le VIH. Dans les faits, ce taux de transmission global se situe en France à un niveau supérieur. Interrogé sur l'opportunité de modifier les cadres actuels du dépistage de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine chez la femme enceinte, le Conseil national du sida a été conduit à s'exprimer sur l'ensemble des risques de contamination de l'enfant à naître et du nouveau-né. Les recommandations avancées par le Conseil sont fondées sur le caractère indissociable de la prévention et de la prise en charge médicale de la contamination par le VIH, que celle-ci concerne la femme enceinte ou l'enfant à naître

1) Le Conseil a pu constater que les données disponibles sont encore trop parcellaires pour faire la part des différents obstacles à l'obtention d'un seuil minimal de transmission de la mère à l'enfant. Le Conseil national du sida regrette ce manque d'informations, et souhaite que tout soit mis en œuvre afin de disposer des données nécessaires à l'analyse des cas de transmission de la mère à l'enfant

2) Le refus de test n'est le fait que d'une très faible part des femmes enceintes auquel il est proposé. Dans le système actuel où obligation est faite au médecin de proposer un examen sérologique lors de la première consultation prénatale, la quasi-totalité des femmes sollicitées l'acceptent. En conséquence, le Conseil national du sida estime que le maintien d'un dispositif incitatif, avec possibilité de refus du test de dépistage du VIH par la femme enceinte, est préférable à des cadres dérogeant au principe et aux objectifs du consentement libre et éclairé. En revanche, en vue d'éviter le plus possible les refus de dépistage, le Conseil souhaite que l'ensemble des structures administratives, médicales, sociales et médico-sociales accueillant des femmes enceintes propose une information sur l'intérêt du dépistage du VIH au cours de la grossesse et sur la prévention des risques de contamination. Le Conseil souligne que le caractère librement consenti de l'examen, lorsque ce dernier est accompagné de l'information indispensable, présente de nombreux avantages : il est efficace au plan quantitatif, puisque la quasi-totalité des femmes enceintes sont dépistées pour le VIH, et qu'une part importante de femmes infectées apprend sa séropositivité à l'occasion de la grossesse ; - il préserve le libre-arbitre de la personne, et favorise donc l'établissement d'une relation de confiance avec le prescripteur bénéficiant à la mise en œuvre éventuelle de traitements ; - il remplit un rôle de prévention en offrant l'opportunité d'une information et d'un conseil personnalisés sur les risques de contamination quels qu'ils soient. Correctement réalisé, il favorise la diffusion des recommandations de bonnes pratiques au sein de la société. Afin de remplir pleinement ces objectifs, le test de dépistage est nécessairement précédé d'une consultation au cours de laquelle un médecin explique la signification de l'examen, fournit une information sur l'infection et sa prise en charge, et expose les règles de prévention élémentaires afin d'éviter la contamination de la femme, de son partenaire sexuel et de l'enfant à naître. Le résultat de test doit faire l'objet d'une remise dans le cadre d'une consultation médicale. Le médecin doit alors, quel que soit le résultat, renouveler l'information et les conseils de prévention, en s'assurant que ces éléments ont été clairement compris. En cas de découverte d'une séropositivité pour le VIH, le médecin envisage avec la femme enceinte une prise en charge médicale adaptée qui implique tous les moyens de réduire le risque de contamination de l'enfant à naître

3) II apparaît qu'une part non négligeable des contaminations de l'enfant résulte d'une infection de la mère durant la grossesse, voire après l'accouchement lorsque le nourrisson a été allaité au sein. Afin d'éviter les contaminations de l'enfant à naître et du nourrisson par des mères dont le premier test de dépistage n'indiquait pas de séropositivité, la remise de résultat doit s'accompagner de conseils de prévention très clairs. Toute remise de résultat révélant une séropositivité pour le VIH à une femme enceinte devrait être accompagnée d'une contre-indication formelle de l'allaitement maternel. Il incombe au médecin d'informer la personne le consultant, quel que soit son statut sérologique, de l'intérêt pour les deux partenaires sexuels de se faire dépister. En outre, à l'issue de cette consultation, la femme enceinte séronégative pour le VIH doit avoir été avertie des risques de contamination en cours de grossesse, lors de rapports sexuels non protégés par un préservatif

4) Des conseils de prévention devraient être renouvelés tout au long de la grossesse, dans la mesure où l'adoption de comportements préventifs n'est jamais acquise. 

5) Le Conseil national du sida engage par ailleurs les pouvoirs publics à entreprendre la modification de l'article L 2122-1 du code de la santé publique résultant de la loi n° 93- 121 du 27 janvier 1993. Cet article, définissant les cadres du dépistage prénatal du VIH chez la femme enceinte, énonce qu'un test est proposé à la femme enceinte lors de la première consultation prénatale, à l'issue d'une information sur les risques de contamination. Or chez la femme indemne d'infection par le VIH, il existe un intervalle libre de plusieurs mois entre cette première consultation prénatale et le moment où doivent être initiés les traitements préventifs de la transmission du VIH de la mère à l'enfant à naître. Chez une femme initialement séronégative, certaines pratiques à risque peuvent avoir conduit au cours de ces mois à une infection par le VIH. Le Conseil propose que la loi prévoie deux nouvelles propositions de test. L'une en fin de deuxième trimestre de grossesse afin de mettre en œuvre un traitement éventuel au début du septième mois de grossesse en cas de séropositivité ; l'autre lors de l'ultime visite prénatale, alors que pourraient encore être décidés un traitement préventif court de la mère et la prise en charge du nouveau- né. 

6) Le texte de loi devrait également mentionner la nécessité d'un accord explicite de la femme, préalablement à la réalisation du test de dépistage du VIH. Cette précision vise d'une part à insister sur l'absence de caractère automatique de l'examen sérologique, d'autre part à éviter des dépistages réalisés à l'insu ou contre la volonté des intéressées. En effet, il est apparu lors de la réflexion du Conseil qu'une partie des échecs supposés du dispositif actuel peut être engendrée par des pratiques trop fréquentes de dépistage réalisé à l'insu et/ou sans accord explicite de la femme enceinte, ou faisant l'économie d'une information préalable et d'un conseil post-test exhaustifs. 

7) Le Conseil national du sida considère que les manquements à la loi, aux règlements et aux normes déontologiques ne peuvent être acceptés en matière d'information et de consentement de la femme enceinte à se faire dépister. Soucieux d'améliorer l'ensemble de la politique de dépistage et de prévention, il souhaite que soit régulièrement évaluée l'application des textes organisant le dépistage prénatal. Une telle évaluation pourrait être assurée par la réalisation régulière d'enquêtes relatives aux pratiques de dépistage périnatal et à la prise en charge des femmes enceintes séropositives. Les enquêtes nationales périnatales menées auprès de l'ensemble des femmes ayant accouché peuvent répondre à ce souhait. 

8) La difficulté de mise en œuvre des textes est partiellement imputable à une méconnaissance et au manque de savoir-faire de certains cliniciens. Un effort de formation et de sensibilisation des équipes d'obstétrique paraît donc souhaitable. 

9) En effet, la prise en charge des questions liées au VIH est parfois délicate, qu'il s'agisse de diagnostic, de traitement ou de conseil en prévention. Les pouvoirs publics et les médecins doivent également favoriser la coordination interdisciplinaire entre les équipes d'obstétrique et les médecins prenant en charge les personnes atteintes par le VIH/sida (essentiellement au sein des CISIH), qui disposent d'une compétence indispensable au suivi des femmes séropositives. La réalisation d'un conseil pré et post-test ainsi que la coordination avec les équipes spécialisées dans la prise en charge du VIH peuvent représenter un investissement important au sein des services concernés. Il importe donc de veiller à prévoir les moyens humains nécessaires, permettant de remplir ces missions dans les meilleures conditions possibles. 

10) L'orientation des femmes enceintes séropositives vers un accompagnement psychologique et social est souvent indispensable au bon déroulement de la grossesse. Elle offre des solutions aux multiples difficultés sociales associées au mauvais suivi de la grossesse et des indications thérapeutiques concernant l'infection par le VIH; elle contribue à assurer l'établissement des droits nécessaires, notamment pour certaines femmes de nationalité étrangère ; elle peut offrir un soutien indispensable en cas de problèmes affectifs ou psychologiques. Le Conseil national du sida souhaite que les recommandations de l'autorité de Santé soient renouvelées et précisées, en ce qui concerne la coordination systématique entre :

 - les équipes médicales ;

 - les services de protection maternelle et infantile

 - les professionnels de l'aide, du soutien et de l'accompagnement social

Comme en ce qui concerne la coordination médicale, le Conseil appelle les différentes autorités publiques concernées à prévoir les moyens humains et financiers nécessaires à ces collaborations. 

11) Quel que soit l'avancement de la grossesse lors de la première consultation d'une femme enceinte dans leur service, les gynécologues et obstétriciens doivent proposer un test de dépistage du VIH, à moins qu'ils ne disposent du résultat écrit d'un test récent. Cette proposition devra respecter la règle de consentement libre et éclairé de la personne à se faire dépister

12) En vue de réduire les risques de contamination après la naissance, le Conseil national du sida propose enfin que tous les médecins, et notamment les pédiatres, soient sensibilisés aux risques de l'allaitement maternel par les femmes séropositives pour le VIH.

SIDA, dernière mise à jour: le pire est à venir ( LE MONDE | 26.11.02)

 

D'année en année, l'épidémie de sida ne cesse de s'étendre. L'Afrique subsaharienne, continue de s'enfoncer dans la catastrophe. Elle risque bientôt de ne plus être la seule région du monde dans ce cas. En Asie et en Europe orientale, l'épidémie pourrait rapidement échapper à tout contrôle. Les chiffres fournis, comme chaque année, par l'Onusida sont terrifiants : 42 millions de personnes porteuses du virus du sida, 5 millions de nouvelles infections et 3,1 millions de décès (dont 610 000 enfants de moins de 15 ans) au cours de l'année qui se termine. Et encore s'agit-il là de statistiques officielles. Autant dire que dans les pays où le recueil des données est loin d'être performant, comme dans ceux qui ont choisi la politique du déni total ou partiel, la réalité dépasse l'horreur statistique. L'inquiétude est d'autant plus forte que les données rassemblées par les Nations unies prouvent que l'épidémie connaît une croissance très rapide dans les pays parmi les plus peuplés du globe. L'Inde, la Chine et la Russie constituent ainsi de véritables bombes à retardement. L'Inde est le deuxième pays au monde où vivent le plus de séropositifs  : près de 4 millions. La Chine pourrait en abriter 10 millions d'ici à la fin de la décennie. En Russie, la prévalence de l'infection croît exponentiellement. L'absence de politique nationale de prévention, les fortes disparités régionales, incitent au pessimisme. L'Onusida ne le cache pas  : le pire est à venir. En l'absence d'actions de prévention efficaces, le nombre de nouvelles contaminations d'ici à 2010 pourrait être de 45 millions, dont 40 % en Asie et dans le Pacifique. Pourtant, de trop rares exemples d'actions de prévention montrent que celles-ci sont possibles. De même, l'exemple du Brésil prouve que l'on peut faire accéder les malades à des traitements peu onéreux. Mais seulement 230 000 habitants des pays les moins riches ont accès aux traitements, dont la moitié vivent au Brésil. Jusqu'à quand faudra-t-il attendre pour que la pandémie de sida cesse d'être considérée comme une fatalité, comme la catastrophe qui frappe des régions éloignées de nos pays, comme si la distance suffisait à la rendre acceptable ? Des signes politiques ont été donnés, notamment en juin 2001 avec la création par l'Assemblée générale des Nations unies du Fonds global contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les trois plus grands tueurs dans le tiers monde. Les économistes chiffraient les besoins minimum du Fonds à 10 milliards de dollars annuels. Depuis sa création, il n'a recueilli que 2,14 milliards de dollars de promesses de dons. Nous sommes loin du compte. Très loin. L'Organisation mondiale de la santé estime qu'en mettant en œuvre "un ensemble complet de prévention d'ici à 2005", on pourrait permettre de réduire le nombre des nouvelles infections de 29 millions et peut-être de diminuer d'un quart les niveaux de prévalence du VIH parmi les jeunes d'ici à 2010. L'histoire nous jugera.

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Zachie ACHMAT

ZACKIE ACHMAT "En Afrique du Sud, on n'a encore rien vu de l'épidémie de sida" Propos recueillis par Gian Paolo Accardo, © Courrierinternational.com (07 février 2003)

                    A la tête de Treatment Action Campaign, Zackie Achmat, 40 ans, se bat pour que les Sud-africains puissent accéder aux traitements antisida, dans un pays qui compte près de cinq millions de malades. TAC organise, le 14 février, au Cap, une marche intitulée “Stand Up For Our Lives”, pour demander aux députés d’approuver un plan national de traitement pour les personnes séropositives Zackie Achmat, vous en êtes à votre quatrième année de “grève des médicaments”, pourquoi avez-vous entamé cette nouvelle forme de protestation ? En 1998, j’ai contracté le muguet, une infection opportuniste de l’oesophage. A cause de cette infection, mon système immunitaire s’est considérablement affaibli et mon médecin m’a recommandé de me mettre sous trithérapie, un cocktail de médicaments antirétroviraux qui bloquent la reproduction du virus du sida. A l’époque, une trithérapie coûtait aux alentours de 4 500 rands (500 euros), plus du double de mon salaire. Des amis m’ont proposé de se cotiser pour me payer le traitement. J’ai réalisé que si je n’avais pas eu des amis comme ça, je serais mort. A la même époque, nous avons lancé la Treatment Action Campaign (TAC). Peu après, un camarade membre à la fois du mouvement antiapartheid et du mouvement gay et lesbien est mort du sida. Un journaliste américain m’écrivit alors : “Je croyais que l’on ne mourait plus du sida de nos jours”. Cela nous a frappés, car, ici, en Afrique du Sud, c’est précisément ce qui se passait, dans l’indifférence des laboratoires pharmaceutiques, qui pratiquent des prix prohibitifs, et du gouvernement, qui refuse de distribuer des antirétroviraux. J’ai ainsi décidé de ne pas suivre la trithérapie que mon médecin m’avait prescrite car je trouvais difficile d’être à la tête d’une organisation de personnes qui n’ont pas accès au traitement tout en en bénéficiant moi-même. Qu’est-ce qui vous motive ? Je viens d’une tradition de gens qui se sont battus pour l’égalité en Afrique du Sud. Une génération de jeunes militants de l’African National Congress (ANC), qui croient que les hommes sont égaux, qu’ils ont le droit à la vie. Les Blancs, les Noirs, les pauvres ont le droit à une justice sociale. Je pense donc que laisser des gens mourir parce qu’ils n’ont pas d’argent, c’est politiquement et moralement une erreur. En Afrique du Sud, après la fin de l’apartheid, nous avions obtenu notre liberté et nous voulions éradiquer la pauvreté et donner de meilleures conditions de vie à tous. Mais, tout à coup, nous nous sommes retrouvés dans une situation où 3 ou 4 millions de personnes, ou plus encore, peuvent mourir à cause du sida dans les prochaines années, simplement parce qu’elles ne peuvent acheter les médicaments. Selon vous, pourquoi les antirétroviraux et les autres médicaments antisida et contre les infections opportunistes sont si chers ? Il y a plusieurs raisons. La principale est le mercantilisme, qui prospère grâce à ce carcan légal qu’est le brevet. Nous ne sommes pas opposés par principe à la propriété intellectuelle : si quelqu’un invente quelque chose, il faut le protéger par tous les moyens. Mais le problème est que les grandes multinationales ont utilisé la propriété intellectuelle pour s’assurer de faire un maximum de profit. D’abord, pendant les négociations de l’Accord général sur les tarifs et les douanes (GATT), puis pour les discussions au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui lui ont succédé et lors des Accords sur les aspects de droits de propriété intellectuelle relatifs au commerce (ADPIC), à Doha en 2000. La société civile a été complètement tenue à l’écart, de même que les gens qui agissaient dans le secteur de la santé. Les grandes multinationales ont ainsi pu imposer leurs vues aux gouvernements des Etats-Unis et de l’Union européenne. Ceux-ci ont alors négocié un accord qui accordait aux laboratoires pharmaceutiques l’exploitation exclusive de leurs brevets pour une durée de vingt ans. Ils leur ont ainsi assuré de pouvoir continuer tranquillement à engranger des profits colossaux, aux dépens des malades, ici en Afrique, et en Asie et en Amérique latine, mais aussi aux dépens des plus pauvres en Europe et aux Etats-Unis, qui n’ont pas les moyens d’acheter les médicaments. Quelles sont les réactions en Europe et en Occident en général lorsque vous parlez du problème de l’accès aux traitements antisida ? Jusqu’à il y a quelques années, les responsables politiques dans l’Union européenne nous disaient : “les patients africains ne savent pas prendre le traitement, on ne peut le donner qu’à certains d’entre eux”. Ou encore, on affirmait qu’il y avait d’autres problèmes plus urgents à résoudre, comme la mortalité infantile et la pauvreté. Cela nous irritait beaucoup, car c’est bien sûr faux : le combat pour la santé vient avant celui contre la pauvreté, car sans la première, la seconde est inévitable. A présent, l’Union européenne et les Etats-Unis reconnaissent que l’accès au traitement est prioritaire, mais ils n’ont pas encore fait l’effort financier nécessaire. Chaque année dans l’UE vous dépensez 12 milliards d’euros en crèmes glacées. Cette somme suffirait à traiter toute l’Afrique. En Afrique du Sud, il y a un autre problème : le gouvernement refuse de distribuer les antirétroviraux. Pourquoi ? Sur plusieurs points, le gouvernement de l’ANC est le meilleur gouvernement que nous ayons jamais eu ; sur plusieurs autres, c’est le pire : en particulier en ce qui concerne le traitement du sida. Lorsque ce gouvernement s’est installé, en 1994, il avait l’un des meilleurs plans de lutte contre le sida au monde, tant du point de vue de la prévention que des soins. Mais ce plan a été rapidement mis de côté, car le gouvernement de l’époque avait des vues très “thatchériennes” sur les dépenses sociales. Le système de santé publique a subi les conséquences de cette idéologie, selon laquelle l’Etat ne doit pas prendre en charge la santé des gens. A cela il faut ajouter les inégalités héritées de l’apartheid et le fait que le gouvernement de l’ANC n’avait aucune expérience de gestion de la chose publique. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont par ailleurs demandé à l’exécutif de prouver qu’il était “fiscalement responsable”. Même si l’Afrique du Sud ne devait pas un centime à la Banque mondiale ni à aucune autre institution financière internationale, cela a poussé les dirigeants de l’ANC à ne pas consacrer d’argent à la redistribution de la richesse et aux services sociaux. Or c’est précisément à ce moment-là, au moment où les dépenses sanitaires baissaient, que l’épidémie de VIH débutait et que la demande de services sanitaires commençait à croître. Quelles vont être les conséquences d’une telle attitude ? On n’a pas encore vu les effets de l’épidémie. Ce n’est que maintenant que les gens frappés du VIH commencent à développer le sida faute de soins, et à mourir. Obsédés par l’exigence de limiter les dépenses de santé, nos dirigeants ne se rendent pas compte qu’en soignant les personnes séropositives, on finit à moyen terme par réduire ces dépenses. En laissant mourir sans soins des millions de personnes, ils vont produire un nombre encore plus grand d’orphelins analphabètes et abandonnés à eux-mêmes. Ce qui va finir par leur retomber dessus dans dix, quinze ans, lorsque la classe des 20-40 ans, la plus frappée par le VIH, aura été décimée. Quelle est le rôle du président Thabo Mbeki dans cette affaire ? Notre président a une grande responsabilité : il a sapé tout le programme de prévention et de traitement en mettant en doute le lien entre le VIH et le sida. De cette façon, il n’a pas encouragé les jeunes à utiliser le préservatif. D’autre part, il a dissuadé le gouvernement de consacrer de l’argent à la prévention. De plus, il a sapé le moral – déjà très bas – des médecins, infirmières, pharmaciens, chercheurs qui travaillent dans la santé publique. Mais le pire impact a été celui sur les séropositifs et les malades du sida : jusqu’à présent, les personnes séropositives qui ont rendu public leur état sont essentiellement des femmes noires et pauvres. Les gens riches et célèbres ne rendent pas publique leur séropositivité, ce qui contribue au déni généralisé et à la stigmatisation des malades. Pourtant, le gouvernement a reconnu en avril dernier que le sida est provoqué par le VIH. Pourquoi continue-t-il à ne rien faire et comment avez-vous réagi à cette inertie ? Le gouvernement avait reconnu ce lien au cours du deuxième semestre 1999. Mais, quelques mois après, Mbeki a changé d’avis, notamment – dit-on – après avoir pris connaissance, via Internet, des théories des scientifiques dissidents qui ne reconnaissent pas le lien entre le VIH et le sida. On a ainsi perdu trois années qui auraient été cruciales pour mettre en place les lois et les mécanismes nécessaires pour combattre l’épidémie. Ces trois années ont complètement démantelé la plupart des programmes de prévention et de lutte. Une des raisons pour lesquelles le gouvernement a finalement reconnu le lien entre le sida et le VIH est que nous avons mené – et gagné – une bataille légale qui est allée jusqu’à la plus haute instance du pays, la Cour constitutionnelle. Cette instance a ainsi imposé au gouvernement de mettre en place un plan de distribution des antirétroviraux afin d’éviter la contagion de la mère à l’enfant, de le soumettre à notre association pour approbation et de faire des rapports trimestriels à la Cour constitutionnelle sur son exécution. Le gouvernement a changé de point de vue en avril uniquement pour éviter que ne s’affirme le rôle de supervision des tribunaux sur la gestion de la santé publique. Le gouvernement a également changé de position à cause de l’embarras qu’il provoquait au niveau international. En fait, il continue à traîner des pieds : il ne met pas les médicaments à disposition et ne se dote pas des personnels et des moyens nécessaires pour faire face à l’épidémie. Cela ne concerne bien sûr que le système de santé publique. Dans le privé, si l’on peut payer un médecin et ses médicaments, il n’y a pas de problème. En Afrique du Sud, il y a un double système de santé, public et privé. Le privé concerne 7 millions de personnes ; en 2000, il a dépensé 4,2 milliards d’euros. Le système public concerne 38 millions de personnes ; en 2000, il a dépensé 3 milliards d’euros. La disparité est flagrante. Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans votre combat ? Mon but est de changer la politique du gouvernement. Mais j’espère ne pas devoir mourir pour cela. Je pense que nous y parviendrons, même si cela doit prendre plusieurs mois ou années. Mais si la méthode de la grève des médicaments n’est pas assez efficace, nous devrons changer de tactique. Dans ce cas, je ne suivrai un traitement que s’il se forme un front uni dans le pays pour s’opposer au gouvernement. Car notre but est certes de le défier, mais aussi de nous opposer à ses décisions lorsqu’elles vont à l’encontre les gens. Nous voulons unir les principaux opérateurs économiques du pays – compagnies minières, syndicats, organisations religieuses – et faire en sorte qu’ils mettent en place le plus grand nombre possible de programmes de traitement. Et cela indépendamment du pouvoir politique. Si le gouvernement se décide à agir, nous l’aiderons dans son action. S’il n’agit pas, nous continuerons à nous battre pour la mise en place de campagnes de traitement jusqu’au moment où il sera prêt à assumer ses responsabilités. Et si cela devait échouer, je ne prendrai pas de médicaments. Je n’ai pas peur de mourir pour cela. J’ai davantage peur de souffrir, de ne plus pouvoir travailler, de perdre ma lucidité. 

L'Afrique du Sud annonce un vaste plan de lutte contre le sida LE MONDE | 20.11.03 |

Le gouvernement concède la distribution de médicaments antirétroviraux. A six mois de nouvelles élections, cédant à une forte pression à la fois nationale et internationale, le gouvernement sud-africain a annoncé, mercredi 19 novembre, le lancement d'un vaste programme de lutte contre le sida, notamment par la mise à disposition gratuite de médicaments antirétroviraux (ARV). Après avoir qualifié, dans le passé, les ARV de "poison", la ministre sud-africaine de la santé, le docteur Manto Tshabalala-Msimang, a dévoilé un "plan d'action d'urgence" visant à implanter, dans l'année, un centre de thérapie ARV dans chaque district et, d'ici cinq ans, dans chaque municipalité. Dès la première année, quelque 50 000 malades du sida devraient avoir accès aux trithérapies et 3 millions de patients devraient en bénéficier d'ici à 2005, avec le soutien des Nations unies. Elaboré avec l'aide de la Fondation de l'ancien président américain Bill Clinton, ce plan de distribution d'antirétroviraux apparaît comme le plus vaste jamais lancé dans le monde. Dans le budget sud-africain, 241 millions d'euros ont été prévus à cet effet pour l'année en cours, puis 1,5 milliard de dollars pour les trois années consécutives. D'importants fonds d'aide extérieurs devraient en boucler le financement. Doutant du virus HIV comme seule cause de la pandémie, et arguant d'un "sida africain" qui s'enracinerait dans la pauvreté du continent, le président Thabo Mbeki s'est longtemps opposé à l'administration d'antirétroviraux dans le système de santé publique sud-africain. Ce n'est qu'en août, au lendemain d'une première Conférence nationale sur le sida, qui a servi de tribune, notamment, à la Campagne d'action pour les traitements (TAC) de Zackie Achmat, que le chef de l'Etat a cédé à une pression relayée par de nombreuses ONG internationales et, de moins en moins discrètement, également par l'ancien président Nelson Mandela. PRÈS DE MILLE MORTS PAR JOUR L'Afrique du Sud est le pays au monde le plus affecté par le sida : 4,7 de ses 40 millions d'habitants - soit 11,7 % de la population - sont porteurs du virus HIV. Chaque jour, près d'un millier de Sud-Africains meurent de la pandémie, qui décime l'élite du pays. Parmi les quelque 70 000 enseignants sud-africains, le taux de prévalence est ainsi de 18 %. Avant l'annonce du "plan d'urgence", une chute de l'espérance de vie globale de cinq ans était attendue d'ici à 2005. Malgré l'ampleur des mesures annoncées, l'hécatombe ne sera pas enrayée avant de longues années. La moitié du budget prévu devra être consacrée à la "remise à niveau" du système de santé publique, a précisé Manto Tshabalala-Msimang, bien placée pour en mesurer la dégradation. Nombre d'hôpitaux, surtout en province, ne sont plus que des mouroirs. Actuellement, en moyenne, 300 infirmières quittent le pays chaque mois et, entre 1990 et 1994, un quart des médecins formés en Afrique du Sud sont partis s'installer à l'étranger. Parmi d'autres raisons, dont une faible rémunération et l'insécurité dans le pays, le refus d'administrer aux malades du sida des antirétroviraux, qui, depuis dix ans, ont réduit, dans les pays occidentaux, la transmission du virus HIV de la mère à l'enfant de 25 % à moins de 2 %, motive cet exode. Stephen Smith • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.11.03

dernières nouvelles de la prise en charge du sida en Afrique (extraits du forum)

AIDS in GABON Ben NASH, London, le 19 Mar à 06:45 

Dear Christian Huber, I work for the Terrence Higgins Trust in London, one of the largest HIV/AIDS charities in the UK. I am writing to ask whether someone would be able to provide a report on the availability of medical treatment to people with HIV/AIDS in Gabon and the cost of the treatment if it is not free of charge. The information is vital in support of claims for HIV/AIDS infected Gabonese in the UK who rely on it in order to support their claim to remain. I am particularly interested in your comments regarding the following:- 1.Which combination (anti-retroviral) drugs are available? 2.Are viral and CD4 count tests available? 3.Are these tests available free of charge? If not, what are then costs for each test? 4.On average, how much does treatment cost per patient, per month/year? 5.How much would the average person expect to earn each month/year? 6. Is specialist paediatric treatment available for children who are HIV positive? 7.Are there designated health centres for those suffering with HIV/AIDS? 8.Are there any symptomatic infections for which medicines are not readily available? 9.Does a patient have to pay for these treatments? 10.Are there any disruptions in supply for these medicines? 11.What other facilities are available and are they easily accessible? I would also request information on the social treatment of people with HIV/AIDS and whether people known to be HIV positive are subject to discrimination, stigma, isolation or persecution. I would be intereseted if you would let me know if you could provide expert reports for any other country or know any person who would be able to. If you are able to assist, in French or English, could you please add your credentials at the top of the report. Kind regards, Ben Nash Researcher- Specialist Advice Centre Terence HigginsTrust 52-54 Grays Inn Road, London, WC1 8JU, UK Tel: 0207 831 0330 Fax: 0207 816 4552  www.tht.org.uk 

Re: AIDS in GABON Christian HUBER, le 19 Mar à 06:49 Cher Ben NASH, Merci pour votre mail et félicitations à vous et à votre association pour votre engagement dans la lutte contre le sida. Malheureusement je ne pourrai pas répondre directement à vos questions car je ne suis pas retourné en Afrique depuis 3 ans (congrès de pédiatrie de l'ESAPEC à Cape-Town en septembre 1999). Par conséquent je suis l'évolution de la situation du sida au Gabon "à distance". Par contre je vous transmets ci-dessous divers contacts médicaux en Europe et en Afrique qui pourraient peut-être vous fournir des informations concernant la prise en charge du VIH/SIDA dans leur pays respectifs et/ou en Afrique: cbeck001@rss.fr Dr BECK, Mulhouse, FRANCE beck-wirthg@ch-mulhouse.fr Dr BECK-WIRTH, Mulhouse, FRANCE hartmut.brie@t-online.de Dr Hartmut BRIE, Müllheim, ALLEMAGNE tgateau@assala.net Dr GATEAU, Libreville, GABON jj.kuss@sentoo.sn Dr J-J KUSS, Dakar, SENEGAL amouanga@hotmail.com Dr MOUANGA, Brazzaville, CONGO OPrintz@aol.com Dr PRINTZ, Lambarene, GABON phans@free.fr Dr STOFFEL, Mulhouse, FRANCE dr.wamba@camnet.cm Dr WAMBA, Douala, CAMEROUN mb.weber@eplus-online.de Dr WEBER, Mainz, ALLEMAGNE richard.wild@wanadoo.fr Dr WILD, Mulhouse, FRANCE Felicien.Mbou@ch-lamentin.fr Dr MBOU, Guadeloupe, FRANCE Je crois que la démarche de votre association est la bonne: on ne peut pas lutter efficacement contre le sida en Afrique en faisant abstraction de ses causes profondes (la pauvreté galopante et la profonde inorganisation de ces jeunes nations). L'actualité en Afrique francophone (Côte d'Ivoire) nous montre que la priorité de ses pays reste la recherche urgente de la paix civile et un plan réaliste vers davantage de démocratie, seul espoir de donner un minimum de chances à chacun dans la vie. Le chemin vers la liberté de ses pays est encore long mais je crois qu'il est important pour eux comme pour nous de garder l'espoir et d'essayer d'être plus solidaires... Je pense que l'une des principales difficultés pour nous européens est de proposer une aide qui ne soit pas interprétée par les africains comme une nouvelle tentative de domination de leurs pays ! En restant à votre disposition pour d'autres informations, très cordialement à vous Christian HUBER, pédiatre à Mulhouse 3, rue de Mulhouse 68170 Rixheim, FRANCE tel +33 (0)3 89 31 85 72 http://www.christian-huber.fr.st  ou http://www.christian-huber.fr.fm

Re(2): AIDS in GABON Richard WILD, le 19 Mar à 06:52 Suite au texte de Christian HUBER que nous avons mis en ligne Richard WILD, medito => une intervention du président de la croix rouge gabonnaise en ligne nous le remercions vivement - http://www.00dr.com/breve.php3?id_breve=727 Mon nom est Christian AGAYA. Je suis médecin , et actuel Président de la Croix-Rouge Gabonaise. La Croix-Rouge développe au Gabon un programme basé sur les CTA (Centre de Traitement Ambulatoires).Ce sont des Hôpitaux de jour qui accueillent les malades du sida et les séropositifs. La gamme de soins dispensés dans ces centres répond aux standards internationaux de la prise en charge tels que définis par l'ONUSIDA. Les soins sont gratuits , grâce au système access , qui permet l'accès aux soins et au counselling. Le CTA opérationnel pour l'heure est celui de Libreville.Deux autres seront bientôt opérationnels à Port-Gentil et Franceville. C'est un programme soutenu par la Croix rouge française , le Gouvernement gabonais , la Croix rouge gabonaise et quelques associations de personnes vivant avec le VIH. La stigmatisation et son corrollaire le faible engagement des séropositifs dans la lutte sont très marqués au Gabon. Cette peur de la stigmatisation , la recherche de la confiadentialité expliquent pour une large part l'attitude des sujets gabonais basés à Londres. Je les exhorte à s'engager dans la lutte.La Croix Rouge sera toujours à leur côté ! J'espère avoir une réponse constructive car nous sommes ouverts à toutes formes de collaboration pour l'aide et l'assistance aux malades et leurs familles. Dr C.AGAYA ---- - Pour nous aider à relayer ces actions, le mieux est de nous écrire un texte original sur le sujet, pour l'un de ses supports médicaux non marchands et bénévoles - Richard Wild  http://www.medito.com  réflexion médicale http://www.0plus0.com personnalités médico-culturelles  http://www.00dr.com  le meilleur des revues de presse http://www.0et0.com trombinoscope, plate forme de 100 forums

 Re(3): AIDS in GABON Steve NDONG, le 21 Mar à 10:05 Salut Huber, Je te remercie de m'avoir transmis ces informations sur la lutte contre le Sida dans mon pays, le Gabon. Je me réjouis de savoir que nous nous sentions tous concernés par ce fléau et que nous nous efforcions de me mettre tout en œuvre pour empêcher son déploiement. Je ne suis pas médecin mais je crois pouvoir participer d'une manière ou d'une autre à la lutte contre le Sida. J'ai retransmis le contenu de ton message à tous les Gabonais dont j'ai le contact Email je vais le transmettre aussi à Loic (http://www.gabonevasion.com/ ) afin qu'il l'insère en ton nom dans son forum pour que nous puissions avoir le maximum de lecteurs et ainsi pouvoir éveiller une prise de conscience profonde sur la question. Encore merci pour ton attachement particulier au Gabon et à sa population. Salutations ndongs ---------------- NDONG Steeve Bonenburger Weg 45 33100 Paderborn Germany Tel./Fax (home) : (0049) 5251-640974 Mobil : (0049) 170-5970934 Tel./Fax (Bureau) :(0049) 5251-606239/-606278 Mail : ndongs@uni-paderborn.de Site :  http://www.ndongs.com

De : Michael Buykx & Hanna Bos Date : Fri, 5 Sep 2003 23:42:16 +0200 

Lieber Christian, Wir haben schonmal Kontakt gehabt als ich im Priesterseminar von Benguela unterrichtete, und ueber der Website Igreja de Benguela schrieb. Jetzt bin ich zurueck in Holland, aber bin weiterhin tatig in die Streit gegen AIDS. Vielleicht sind meine websites geeignet fuer ein link? 

www.aids-church.tk  www.sida-igreja.tk   www.fleetofhope.tk  

vielen dank, Michael Buykx.  Michael Buykx & Hanna Bos, Thirza, Laure en Bento

www.mh2.dds.nl 

Campherbeeklaan 55 8024 BT Zwolle The Netherlands +31 38 4550227  mh2@dds.nl 

Lieber Michael, vielen Dank für diese mail. Natürlich bin ich mit einem link zwischen unseren webseiten einverstanden. Ich werde ihre adresse auf meinem forum und meine "aids-seiten" veröffentlichen. Ich würde mich sehr freuen mit ihnen zu sprechen wenn Sie in das Elsass reisen (tel +33 3 89 31 85 72). Sehr herzlichen Gruss aus Rixheim Christian HUBER 3,rue de Mulhouse 68170 Rixheim,FRANCE tel +33 (0)3 89 31 85 72

La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Christian HUBER, le 16 Fev à 20:14 (forum "palabres", extraits) 

Zambie : La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Diane Taylor Courrier International12/02/2004, Numero 693 PRINCESS KASUNE ZULU, 28 ans, soutient les malades du sida et fait de la prévention avec l'ONG World Vision. Elle-même séropositive, elle sert de porte-parole international à l'ONG. The Guardian (extraits), Londres Princess Kasune Zulu se tient au bord de la grande route du Nord, en Zambie. Le bras tendu et le pouce dressé, elle attend. Son visage s'illumine quand un chauffeur de poids lourd vient se ranger à côté d'elle pour lui proposer de la prendre en stop. Lorsque la voluptueuse jeune femme de 28 ans au sourire radieux grimpe dans la cabine, le routier pense que c'est son jour de chance. Mais si Princess Zulu - Princess est son prénom, et non son titre - est montée dans le camion, ce n'est pas pour séduire le chauffeur contre de l'argent, c'est pour lui parler du VIH. Princess s'est donné pour mission de diffuser une information exacte sur le virus, s'appuyant sur sa séropositivité pour personnaliser le message. Sa cible : les routiers. En effet, ils propagent le virus sur le continent, traversant trois ou quatre pays lors de leurs longs voyages en multipliant les rapports sexuels sans préservatifs. Ils peuvent avoir jusqu'à 60 partenaires, puis ils rentrent chez eux et retrouvent leurs femmes. Selon le Programme commun des Nations unies sur le sida (ONUSIDA), 2,4 millions d'Africains sont morts du sida en 2002. Dans sept pays d'Afrique, plus de 20 % de la population est séropositive. Lorsqu'elle n'est pas sur le terrain, Princess milite en faveur de World Vision, rencontre les dirigeants mondiaux, notamment le président Bush, et les appelle à donner de l'argent, au lieu de se contenter de faire des discours sur le sida en Afrique subsaharienne. Elle a fait pression sur Bush pour qu'il s'engage à financer la lutte contre le sida dans le monde entier. Résultat, les Etats-Unis vont donner 3 milliards de dollars par an pendant cinq ans. Elle espère faire de même avec le gouvernement britannique. Princess Zulu est elle-même une orpheline du sida. Elle est née dans une riche famille de l'ethnie lenje. Son père était un officier à la tête de la police ferroviaire zambienne. Lorsqu'elle avait 14 ans, sa mère contracta un mal mystérieux. Peu après, son père tomba malade à son tour et mourut. "Personne ne savait ce qu'était le sida à l'époque, et tout le monde m'a dit que mes parents étaient morts parce qu'on leur avait jeté un sort, explique-t-elle. Maintenant qu'on connaît les symptômes du sida, j'ai compris la vérité. Ma petite soeur est morte du sida à 2 ans, et mon frère en est mort en 2002, à 32 ans." Elle a abandonné l'école à la mort de ses parents et a épousé un homme de vingt-trois ans son aîné. Ils ont deux filles, aucune d'elles n'est atteinte du virus. En Afrique subsaharienne, la plupart des cas de sida ne sont pas détectés tant que les symptômes n'apparaissent pas. De plus, en raison de la malnutrition, beaucoup meurent dans les trois mois qui suivent le diagnostic. Princess Zulu a décidé de subir le test en décembre 1997, alors même qu'elle ne présentait pas de symptômes. Son mari lui aussi a fait le test. Ils sont tous les deux séropositifs. "C'est ce que j'attendais", raconte-t-elle. Très croyante, elle est convaincue d'avoir été infectée dans un seul but : éduquer les autres. Princess Zulu fait partie des rares Africains soignés aux antirétroviraux (ARV). "Cela ne servirait à rien de rendre les ARV génériques moins chers en Afrique. Ils seraient toujours trop chers. Il faut les distribuer gratuitement afin que les parents aient le temps de voir leurs enfants grandir." Et d'ajouter : "La priorité est d'améliorer le sort des femmes. Il est difficile pour une femme d'obliger son mari à utiliser un préservatif s'il refuse. Si le mari meurt du sida, et qu'elle pense être infectée, elle ne dira probablement rien, parce que pour survivre elle devra se remarier." Princess Zulu a toujours tenu bon malgré les décès qui ont eu lieu dans sa famille, malgré le manque de ressources et les préjugés contre les femmes séropositives. Une seule chose a failli la terrasser. "Je ne pleure pas sur moi-même ni sur mes enfants, assure-t-elle. Mais la première fois que j'ai quitté l'Afrique pour me rendre aux Etats-Unis j'ai pleuré. Je n'arrivais pas à croire qu'existait un monde où les gens jettent de la nourriture, où les chiens ont leurs propres vêtements, un monde qui a les moyens d'agir contre le sida, mais qui peut décider de ne rien faire." 

 Re: La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Black Tiger, le 18 Fev à 10:50 Globalement, cher Christian, ils s'en foutent. Je suis de manière très attentive toute, tes interventions. Elles dénotent un véritable désir d'améliorer la santé des citoyens du Gabon. J'apprécie beaucoup. Je t'encourage à continuer ta lutte où que tu sois. D'ailleurs pour tout te dire, j'aimerai beaucoup essayer de trouver ensemble un moyen pour améliorer la santé de ces "peuplades africaines" face à la maladie. Je pense aussi que les avancées dramatiques et exponentielles des cas de sida dans mon pays équatoriale, sont encore plus criminelles que la corruption et la déliquescence du pouvoir de Fantomar [même si je le concède, la rapidité de réaction de Fantomar sur ce sujet a été extraordinairement lente. Je me rapelle encore Fantomar dire à la RTG en 1986 que je cite "les gabonais étaient naturellement immunisés contre le sida". Il ne se doutait pas que ce genre de déclarations entraineraient des centaines de concitoyens dans la tombe]. Cette lutte politique contre le Fantomarisme (ouais j'ai fait des études supérieures!!) est surtout l'objet de ce forum, tout le monde ici en profite pour insulter Fantomar et sa clique, pendant que toi, Christian, seul dans ton service hospitalier, tu n'arrêtes pas de dénoncer la situation sanitaire en Afrique et plus particulièrement au Gabon. Je suis partant pour toute action pouvant améliorer cette situation, je suis partant pour engager toute réflection dans ce même thème. OUI, j'ai lu l'article (et d'ailleurs je suis abonné à "courrier international" et je recommande fortement ce magazine à tous mes correligionnaires du forum bdpiste)! Cette action engagée par Princesse (la jeune de l'article, qui est au demeurant très attirante - cf les photos de courrier international) dans son pays est hautement louable. En ce qui concerne, les gabonais, comme d'ailleurs tous les habitants de cette planète, ils ne se sentiront concerner par la lutte contre le sida, que seulement lorsqu'eux même seront séropositifs, malheureusement. Et encore, certains d'entre eux, au contraire, deviendront les apôtres de la transmission dans l'optique de "ne pas mourir seul". La société gabonaise, voire d'afrique centrale,célèbre les morts mais pas les vivants. Ils n'ont pas de vision préventive. Ils vont pleurer quand ce sera trop tard, mais moi comme un petit lot de compatriotes, pleurons déjà d'avance, car nous avons le pressentiment que la pandémie du sida n'en n'est encore qu'à ces débuts même avec 30% de séropo dans le Bongoland. Je pense qu'il ne faut pas attendre d'être contaminé pour lutter contre et je propose d'ailleurs la création d'un nouveau mouvement: le SDP (le Sida Doit Partir).Bonne lutte et bonne continuation cher ami du Gabon Black Tiger 

Re(2): La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Jack NKOPTA, le 21 Fev à 10:51 Monsieur Hubert, Je vous remercie de nous faire parvenir votre point de vue sur la gravité de la pandémie du VIH/SIDA en Afrique. Je voudrais vous demander de réfléchir davantage pourquoi on parle tant de cette pandémie, à voir les différentes ONG qui s'en occupent, j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'autres maladies assassines en Afrique. Mme Bongo et Mme Biya se disputent le leadership en Afrique centrale. On oublie que le paludisme tue plus que le SIDA. Peut-être parce que les pays du Nord sont moins concernés par le paludisme et que le SIDA rapporte plus d'argent à ceux qui en font la promotion. Vous verrez vous même que SIDA, EBOLA et autres virus en cours sont apparus en même temps. Pour cela, je vous conseillerais de prendre contact avec le Dr Lanctôt, une canadienne qui a bien décrit ce problême dans une publication qui lui a valu plein de déboires. 

Re(3): La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Christian HUBER, le 21 Fev à 10:52 Merci pour votre réponse. Je suis partiellement d'accord avec vous en ce qui concerne le peu d'intérêt que suscite par exemple le paludisme. Ceci-dit, je crois qu'il s'agit plutôt de lutter davantage contre ces endémies plus "anciennes" que de moins parler du sida. D'autre part, ces fléaux ont avec la tuberculose une cause commune: la pauvreté, le manque d'éducation et surtout l'absence de perspectives réalistes d'amélioration de leur situation pour de nombreuses populations (confère article du Monde ci-dessous). Enfin, je suis persuadé qu'il faut réactiver en Afrique les services des Grandes Endémies qui avaient connu au début du 20°siècle de remarquables succès dans la lutte contre la maladie du sommeil avec un dépistage et un traitement que étaient _gratuits_ pour les populations concernées. En restant à votre disposition pour d'autres informations, bonne journée 

Re(4): La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers ODZAMBOGHA, le 21 Fev à 10:55 De : nkoulmekong odzambogha A : palabres@bdpgabon.org Dans ce forun, il a été dit à tort, qu'il manquait de propositions concrètes. Et on ne pouvait lire depuis un certain temps, que d'encombrants documents portant sur des querelles individuelles inutiles, traduisant ainsi un manque d'idées et de propositions, le débat volait si bas... Merci tout d'abord à cet ami de Gabao et d'Afrique, un vrai ami, qui ne cesse chaque fois de proposer des sujets de reflexion, sur la santé, sur la bonne gouvernance,... Celà prouve l'intérêt qu'il porte à nos problèmes qui sont tout simplement des problèmes de l'humanité tout entière. En ce qui concerne l'article du courrier International, il faut bien retenir ce qui est dit dans la dernière phrase, car c'est là que se joue le sort du monde "........Je n'arrivais pas à croire qu'existait un monde où les gens jettent de la nourriture, où les chiens ont leurs propres vêtements, un monde qui a les moyens d'agir contre le sida, mais qui peut décider de ne rien faire". ODZAMBOGHA 

 Re(5): La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Black Tiger, le 21 Fev à 10:58 en effet le palu tue plus que le sida mais soigner le palu c'est surement plus abordable financièrement et médicalement que soigner le sida. mais franchement, je préfère avoir le palu, une fois par mois que le sida toute la vie. Le sida peut stopper la productivité de tout un pays comme on le voit au botswana, par exemple. le sida peut détruire toute une structure sociale car il touche en priorité les personnes valides en âge de travailler donc les parents et laissent surement plus d'orphelins dans les rues. le palu se soigne, le sida se vit c'est là toute la différence Mais c'est vrai que le continent africain est le continent de tous les combats. Evidemment qu'il y a l'alcoolisme, l'analphabétisme, le sida, le palu, la dictature, les guerres, les catastrophes naturelles, ebola, xyz et j'en passe et des meilleurs. Par contre si Fantomar trouve un remède contre le sida, je vote pour lui jusqu'à ça mort, ça c'est clair. En 20 ans de sida, j'ai vu mourrir plus de mes proches de ça que du palu, et evidemment je suis plus sensibilisé. Pour faire simple, Jack sera le monsieur palu du forum et christian le monsieur sida, et moi, le monsieur je-ne-sais-pas-quoi-en-attendant-que-je-trouve-ma-voi(e)(x) BT 

 Re(6): La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Christopher MEPAS, le 21 Fev à 11:01 Bonjour chres frères du forum! J'ai lu moi aussi l'article sur princesse Zoulou.ça fait plaisir de voir des exemples pareil.Je trouve que le continent africain depuis la nuit des temps se trouve être la victime de tous les jours.Cela dit il n'est pas impossible de changer ça.personellement je pense qu'aucune maladie se doit de faire des dégâts comme c'est le cas au gabon.Dommage que notre président préfère se faire les poches.D'ici qu'il soit parti,la maladie aura eut le temps de faire des tas de morts.n'oublions pas en plus que notre pays ne compte qu'un peu plus d' un million d'habitants.Donc bonjour la catastrophe.il faut vaincre le mal par la racine.Notament Bongo!Hélas de ce côté là,la racine reste encore trop grosse.Du moins pour l'instant.D'où il faut une aide exterieur,une aide sûre.Mais vu la difficulté que proccure cette approche de solution,la principale technique serait la sensibilisation.Ce qui pourrait être fait de l'interieur et arranger les choses,sans pour autant se soucier de ce semblant!de président.Hélas nos sensiblisations ne sont pas assez efficaces.Mais le moment viendra.En tout cas je me battrais pour ça.je le jure devant DIEU.En attandant.......God bless Gabon and peace all arround the world! The best. 

Re(7): La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers ODZAMBOGHA, le 21 Fev à 11:03 Tout est affaire de volontés politiques. Et c’est bien pour cela que la compétition, c’est à dire la démocratie est une solution. Quelques exemples en ce qui concerne Gabao : Dans les années 50 et fin 60, des équipes médicales venus des villes parcouraient hebdomadairement les établissements scolaires. Chez moi, une équipe passait le Jeudi. Durant leurpassage et pour tous les enfants, l’équipe procédait à un examen médical complet individuel, administrait des traitements de prévention du paludisme,puis si nécessaire procédait à des vaccinations. De même le centre de santé de Libreville, très performante ces années là, recevait des malades venant de tous les coins de Gabao. Un aéronerf, reliait les dispensaires de l’intérieur du pays à ce centre. Et lorsqu’il y avait un cas de malade grave dans n’importe quel recoin du pays, cet aéronerf était dépêché en urgence. La scolarité était plus de 80%, et tous les jeunes depuis la 6ème bénéficiait d’une allocation scolaire, et depuis le cahier de brouillon, l'ancre, le style jusqu'au documents, les fournitures scolaires étaient gratuites pour tous,... Toutes les familles nombreuses sans distinction bénéficiaient des allocations familiales (aujourd'hui, ce sont les seuls salariés et encore !). Ces allocations donnaient un coup de pouce significative à toutes ces familles qui en avaient bien besoin... C’était l’état et non les ONG qui n'exiataient pas à l'époque. Avec quels moyens ? Depuis plus de 30 ans, cela ne se fait plus pourtant les revenus de Gabao sont bien supérieurs à ce qu’ils étaient durant ces années là. On peut continuer à évoquer d’autres exemples, tous en régressions aujourd’hui. Il est vrai aussi que le pays avait hérité de l’élan de son administrateur d’avant le 17 Août 1960, élan qui a été prolongé et amplifié par le premier successeur des « gaulois partis », mais élan brisé par la médiocrité au pouvoir depuis 37 ans, gardienne de l'indépendance énergétique de la Gaulle. On peut parler du gachis que représente ce chemin de fer construit à la place des routes,… de ce centre de recherche sur la stérilité alors qu’on aurait été plus inspiré de s’occuper d’abord de ceux qui naissent et parmis lesquels 20% n’atteignent pas 5 ans, de ces femmes souvent livrées à elles mêmes lorsqu'elles attendent un enfant,.. de cet U.O.B, USTM qui n’existent que pour le contrôle de la jeunesse avide du savoir, alors que des établissements formant des bac +2 et +3 auraient été beaucoup plus performants pour notre économie,… C’est pourquoi il faut reconnaître aujourd’hui, que la médiocrité aux affaires depuis 37 ans a fait son temps et doit s’arrêter. Elle n'a plus rien à proposer sinon de perdurer, pour rien. Cette médiocrité a fait de Gabao, le pays des« occasions manquées ». ODZAMBOGHA  

Re(8): La belle auto-stoppeuse qui éduque les routiers Tsir'Ella, le 21 Fev à 11:06 mon cher HUBER j'admire votre volonté à espérer apporter des solutions aux questions de santé publique dans certains pays Africains comme le Gabon. mais, entre nous, j'aimerais que vous me démontriez une méthode qui soit efficace, en parlant de résultats, dans un pays Africain où la politique est restée la même depuis plusieurs générations ? qui plus est une politique qui peut être évaluée avec n'importe quel type d'indicateur. peut-être vois-je un autre monde ?, il me semble et pourtant être du domaine! et aussi pour avoir initié en 99, à l'institut de santé publique de Bordeaux, un projet de recherche sur les étiologies et les conséquences des pathologies odonto-stomatologiques (bucco-dentaires) dans la province du Woleu-Ntem. je vous invite simplement à vous rapprocher du parcours et de la gestion des médicaments et du matériel médical présumés destinés aux institutions publiques de soins au Gabon (CHL,PMI,CH Régionaux, et dispensaires....... pour ne citer que ceux là). il suffit d'avoir des éléments concrets sur la précédente organisation de prise en charge des séropositifs à Libreville, et de les comparer avec ceux de l'implication sur le palu, la mort précoce du nouveau-né et bien d'autres infections plus ravageuses parce que insidieuses et altérant directement le capital de fécondité de la population Gabonaise. il suffit de faire une petite enquête sur le nombre de Pharmacies, de cliniques et autres établissements de soins privés qui se sont développés, et la courbe de développement des centres publiques. Comprendre surtout les mécanismes qui agrémentent ces initiatives d'apparence bien fondées. vous comprendrez alors pourquoi la remarque de monsieur jack Nkopta a tout dit. et d'ailleurs une étude focalisée sur le Gabon est en attente de validation entre l'OMS et la CEE. si les résultats ne sont pas publiés officiellement, je vous les transmettrai. merci pour votre aide Tsir'Ella (Dr B. Ella)

SIDA (liens utiles):

http://www.tac.org.za/home.htm (site associatif sud-africain) 

http://www.unaids.org/ (site ONUSIDA)

http://www.hiv-sida.com/ (site complet sur l'infection par le VIH)

http://www.nomade.tiscali.fr/cat/forme_sante/specialites_medicale/sida/afrique/ (annuaire sida en Afrique)

http://santetropicale.com/ (site de médecine tropicale)

http://www.afriquesante.com (site d'Afrique-Santé, partenaire de Radio-France Internationale et d'Africa n°1)

http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/sida/(dossier complet du monde diplomatique)                    NEW

http://www.afrik.com/journal/dossier/indexdos.htm?dossier-9005-2.htm (dossier d'afrik.com)

http://www.radiofranceinternationale.fr (dossier de Radio France Internationale)

http://www.salesien.com (Salésiens)

http://www.salesien.com/ate.htm (Salésiens en Afrique Équatoriale)

comité d'Aide et de Soutien aux Enfants Nécessiteux d' Afrique Centrale (C.A.S.E.N.A.C.) (prise en charge des enfants touchés par le sida en Afrique Centrale)

http://www.maranatha-project.com./ (orphelinat en Haïti)

http://perso.wanadoo.fr/afrique.developpement.chretien/

http://www.pointscoeur.org/                                                        

Planethics (l'éthique sur le net)

www.paris.msf.org/ (Médecins Sans Frontières avec pétition pour l'accès aux médicaments anti-sida en Afrique)

http://www.entretemps.asso.fr/Sida/Signatures.html (pétition pour l'accès aux médicaments anti-sida en Afrique)

http://www.croix-rouge.fr/goto/index.html  (Croix-Rouge française et Organisation Panafricaine de Lutte contre le sida)

http://id-net.fr/~lhummel/page2.html (réseau ville-hôpital de Meurthe et Moselle)

http://www.cfes.sante.fr   (Comité Français d'Éducation pour la Santé)

www.chez.com/seths/ (Société Européenne Toxicomanies, Hépatites, Sida)

http://www.sidaction.org (association internationale de lutte contre le sida)

www.planetfinance.org (organisation de lutte contre la pauvreté par les nouvelles technologies)

http://www.mainzer-hospiz.de/ (association de soins palliatifs du Dr M. WEBER de Mayence, Allemagne)

" Vivre simplement pour que simplement d'autres puissent vivre "  Gandhi

Musique : la liste de Schindler

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